Environnement : Québec en déficit de crédibilité | Le Nid du Colvert | Fondation Da vid Suzuki

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire, du système industriel capitaliste et du système économique monétaire oligarchique.

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Environnement : Québec en déficit de crédibilité

Photo: Environnement : Québec en déficit de crédibilité

Au lendemain de l’élection du nouveau gouvernement en 2012, j’écrivais qu’il avait le potentiel de devenir le plus vert de l’histoire du Québec raison de la forte présence écologiste en son sein et d’un programme environnemental ambitieux. Mais j’ajoutais : « Il y a loin de la parole aux actes, et nous ne pourrons juger ce gouvernement que sur la base de ses résultats. » Dix-huit mois plus tard, alors que les rumeurs d’élections s’amplifient, le gouvernement est en déficit de crédibilité sur le plan environnemental. Le temps est venu de faire le bilan de ses réalisations.

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Commençons par les aspects positifs de ce bilan :

– La fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2 et la fin du soutien à l’industrie de l’amiante.
– Des politiques économique et industrielle qui font une place à l’économie verte.
– Une stratégie d’électrification des transports qui a le potentiel de contribuer à réduire notre dépendance au pétrole après 2020.
– Une réforme de la loi sur les mines imparfaite mais qui constitue un réel pas en avant.
– Une stratégie de mobilité durable qui amorce un virage important dans nos transports mais dont le financement demeure insuffisant.

Mais c’est dans le dossier énergie-climat que les choses se gâtent :

– Aucun plan d’action pour atteindre la cible de -25% des émissions de gaz à effet de serre que le gouvernement s’est fixée pour 2020.
– Aucune stratégie pour réduire la consommation de pétrole de 30% comme il s’y est engagé.
– Aucune stratégie énergétique, bien que le gouvernement se mérite une bonne note pour une ébauche de stratégie qui donne la large part à l’efficacité énergétique, à la réduction des GES et aux énergies vertes.
– L’adoption d’un moratoire sur la fracturation hydraulique dans le dossier des gaz de schistes, mais l’autorisation des mêmes techniques sans évaluation environnementale préalable pour le pétrole de schistes.
– Un appui de principe aux projets d’oléoducs en sol québécois.
– Un investissement de 250 millions $ de fonds publics dans l’exploration pétrolière à Anticosti.

Les projets pétroliers ont très clairement été mis sur la voie rapide, et les dossiers climat et réduction de la dépendance au pétrole ont été stationnés sur la voie de service. La publication du rapport de la commission sur l’avenir énergétique du Québec suite à une fuite dans le journal Le Devoir renforce l’impression d’improvisation et d’arbitraire qui plane sur l’ensemble de la vision énergétique du gouvernement. Dans son rêve de voir un jour des barils de pétrole aux couleurs de la fleur de lys, le gouvernement Marois a mis de côté plusieurs de ses engagements environnementaux.

Le gouvernement se défend en disant qu’il est possible de réduire les émissions de GES et la consommation de pétrole tout en développant les ressources pétrolières québécoises. Encore faudrait-il qu’on le voit agir dans le dossier du climat où il se contente de surfer sur les acquis du gouvernement précédant. Il faudrait également que la réduction de la consommation de pétrole ne se résume pas qu’à une stratégie d’électrification des transports dont les résultats hypothétiques ne seront observables que dans plus d’une décennie.

On aimerait d’autre part voir un minimum de cohérence et de rigueur en ce qui a trait au pétrole et au gaz de schistes. Les explications du gouvernement pour justifier un moratoire sur le gaz alors qu’il procède sans évaluation environnementale pour le pétrole ne tiennent pas la route. Quand le gouvernement se targue de vouloir appliquer les plus hauts standards mondiaux dans le dossier pétrolier et qu’il fait moins que Terre-Neuve en matière d’évaluation environnementale du pétrole de schiste, il perd de la crédibilité.

Ajoutons à ce bilan la complaisance du gouvernement dans les dossiers d’oléoducs, où le Québec se contente d’assumer les risques environnementaux sans gains économiques réels, et la coupe est pleine. Ce gouvernement souverainiste s’apprête à se faire complice du gouvernement fédéral dans sa volonté de tripler la production des sables bitumineux, alors que le climat du Québec se dirige vers un réchauffement de 7 à 9 degrés en l’espace d’une vie humaine !

La position minoritaire du gouvernement ne justifie pas un parti-pris aussi clair en faveur de l’industrie pétrolière et le report de ses engagements dans le dossier du climat et de la réduction de la dépendance au pétrole, des dossiers qui jouissent d’un large appui dans tous les partis représentés à l’Assemblée nationale.

En n’agissant pas pour réduire notre consommation de pétrole et nos émissions de GES d’ici 2020, le gouvernement a démontré que ces dossiers ne sont pas prioritaires pour lui. Après 18 mois au pouvoir, ce gouvernement a creusé un déficit de crédibilité qu’il doit maintenant combler par des gestes concrets et immédiats.

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