Des chefs sous haute sécurité

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

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DES CHEFS SOUS HAUTE SÉCURITÉ

Il y a eu les bavures du Métropolis, mais le débat sur la Charte des valeurs et la prolifération des propos violents sur les médias sociaux ont aussi pesé lourd dans la balance. La sécurité des chefs de parti sera décuplée au cours de la prochaine campagne électorale.

La Sûreté du Québec a rencontré les lieutenants de Pauline Marois, Philippe Couillard et François Legault, la semaine dernière. Tous ont compris que les responsables de la SQ voulaient à tout prix éviter une réédition du dérapage du Métropolis, le 4 septembre 2012, où un employé a été tué et un autre a été grièvement blessé. L’accusé dans cette affaire, Richard Bain, n’a pas encore été jugé. Les attachés politiques ont retenu qu’on serait « dans un autre univers » en termes de « sécurité de proximité » par rapport aux campagnes précédentes.

La Presse a appris que chacun des chefs des trois principaux partis aura droit à un contingent de taille similaire, d’une vingtaine de policiers de la SQ, qui se répartiront le travail sur trois quarts de travail en 24 heures. On met donc de côté le protocole de sécurité que la SQ appliquait à chaque campagne depuis plus d’une décennie.

On multiplie par plus de trois les effectifs prévus dans les récentes campagnes électorales, explique-t-on. Auparavant, un chef de parti avait un policier avec lui dans l’autocar de campagne et un autre suivait derrière en automobile, le « véhicule de poursuite ». Pour les événements publics, six policiers en civil assistaient aux rassemblements. Le premier ministre avait traditionnellement deux policiers avec lui, mais lors de la dernière campagne, en raison de la pression des « carrés rouges », la SQ avait beaucoup augmenté les effectifs autour de Jean Charest. Ainsi, il avait dû faire son lancement de campagne sur le tarmac de l’aéroport de Québec, un endroit inaccessible aux manifestants, tant on craignait l’intrusion de trouble-fête.

La nouvelle formule pour la campagne imminente laisse prévoir que de six à dix policiers seront constamment dans l’entourage immédiat des chefs des trois partis principaux. Tous trois seront traités sur le même pied. Auparavant, le premier ministre avait droit à une sécurité plus étanche, mais depuis le Métropolis, on a compris que le chef de l’opposition était tout aussi susceptible d’être la cible d’un forcené.

Plus de 100 policiers

En tout avec les maîtres-chiens, les éclaireurs « avancés » chargés de vérifier les lieux avant l’arrivée de la caravane, les capitaines pour coordonner le tout, on dépasse la centaine de policiers en 33 jours de campagne. Incidemment, les plans de protection de la police laissent présager un scrutin le 14 avril prochain, puisqu’on a mobilisé le maximum de policiers aux trois rassemblements en fonction de ce soir de scrutin.

La SQ n’a pas suggéré aux partis de réduire les bains de foule ni de limiter les rassemblements partisans, mais prévenu qu’elle déploierait pour ces événements beaucoup plus d’effectifs, en uniforme comme en civil. « Ils vont se plier à nos attentes », prédit un des représentants des partis. Chaque soir, la SQ s’occupera de contacter la police des localités sur la route des trois chefs, pour coordonner les opérations du lendemain.

Une campagne par temps froid est plus facile à sécuriser, a-t-on expliqué aux partis. En effet, la plupart des rassemblements se tiennent dans des espaces fermés, plus faciles à contrôler.

Métropolis

En fond de scène, l’attentat visant Pauline Marois au Métropolis est venu appuyer la décision de la Sûreté du Québec de prendre le contrôle de toute la sécurité durant la campagne. On s’assurera de prendre contact avec les polices municipales avant les événements pour mieux se coordonner, mais la SQ pourra en tout temps compter sur ses propres moyens. C’est ce qui avait fait défaut lors de l’attentat du Métropolis, a-t-on appris. Officiellement, le rapport interne concluait à une mauvaise communication entre la SQ et le SPVM. En fait, la police de Montréal décidait elle-même de l’ampleur des effectifs à déployer dans les zones qu’elle devait sécuriser. Elle n’avait posté que deux policiers pour contrôler les abords du Métropolis, le soir du 4 septembre 2012, un niveau de protection extérieure qui s’est révélé nettement insuffisant. Mais à la décharge du SPVM, la SQ avait prévu qu’une protection minimale serait suffisante.

Le débat autour de la Charte des valeurs a aussi fait croître la nervosité des policiers. On sent que cela excite les gens sur les médias sociaux, confieront des sources policières. Ces réseaux sociaux permettent à des individus violents d’exprimer publiquement des sentiments extrêmes. Ils ne passent pas à l’acte, mais leurs messages risquent d’allumer des gens mentalement fragiles qui n’agiraient pas s’ils ne se sentaient pas appuyés par d’autres internautes, explique-t-on. À l’Assemblée nationale, la commission parlementaire sur le projet de loi 60 a été entourée d’une sécurité nettement renforcée.

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