Québec: Serions-nous sur le point d’abolir les partis politiques ?

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Québec: Serions-nous sur le point d’abolir les partis politiques ?

C’était le 17 juin 2010 et il fut dit: «En ce moment, on voit que l’attitude des politiciens, particulièrement à l’Assemblée nationale, ça mène à des bas-fonds de partisanerie crasse qui déplaisent à la population», a estimé le président de l’aile jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ), . ( 01 )

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Julien Gagnon, ex-président de l’aile jeunesse
du Parti Libéral du Québec
Son jugement lapidaire inclut tous nos leaders politiques sans distinction, incluant les membres du gouvernement et le premier ministre Jean Charest, a dit le jeune politicien. «L’ensemble des politiciens à l’Assemblée nationale s’entraîne mutuellement vers ce niveau-là, a-t-il déploré. Tout le monde a sa part de responsabilités.» Le groupe de jeunes libéraux disent vouloir contrer «le cynisme, le désengagement et la démobilisation» des citoyens, particulièrement chez les jeunes, et veulent proposer des solutions au parti dirigé par Jean Charest.
« je rêve d’une nouvelle génération de politiciens qui se respectent eux-mêmes, entre eux, et qui font de la politique de façon constructive.

-Julien Gagnon

»

Le congrès de la Commission-Jeunesse du PLQ, en août 2010, avait pour thème «Démocratie renouvelée, génération engagée». On tenta d’y redéfinir la période de questions, où les ministres seraient désormais contraints de répondre aux questions. Après avoir fait du millage médiatique en se targuant de la vision démocratique des jeunes libéraux, Jean Charest passa l’ensemble du rapport à la déchiqueteuse.

À l’automne 2010, l’Action Démocratique du Québec ADQ auto-sabordé pour devenir le parti Coalition Avenir Québec avait consacré un congrès politique à la transformation des institutions, concluant entre autre qu’il fallait des élections à date fixe (ce qui est fait maintenant) et l’élection du premier ministre au suffrage universel.

En 2011 nous lisions: «Revoir notre démocratie et notre culture politique», rien de moins. Tel est le «mandat d’initiative» qu’a réclamé en chambre le député péquiste de Labelle, Sylvain Pagé. Après avoir déposé son rapport «Pour une nouvelle culture politique» ( 02 ), il a interpellé le président de l’Assemblée nationale du Québec, pour lui demander d’appuyer officiellement sa demande. «Ce n’est pas un mince mandat!» s’est alors exclamé Jacques Chagnon, déclenchant l’hilarité générale au «salon de la race».

Sylvain Pagé exècre la partisanerie depuis qu’il est arrivé au Salon bleu, en 2001.

Il se fait une fierté de n’avoir jamais applaudi ses collègues. La population voit les députés comme des béni-oui-oui et non des gens d’idées et de convictions, déplore-t-il.

«C’est tout à fait compréhensible, puisqu’en public, le député n’a pratiquement aucune marge de manoeuvre pour émettre une opinion contraire à celle de sa formation politique.»

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Sylvain Pagé

Les remèdes de M. Pagé pour «départisaniser» la politique québécoise sont pour le moins… puissants. Tous les votes en Chambre ou presque devraient être libres. Pour encourager la collaboration, la disposition actuelle des sièges devrait selon lui prendre la «forme se rapprochant de celle de l’hémicycle». Les députés devaient dorénavant être assis en ordre alphabétique. Cela diminuerait selon lui les invectives et favoriserait la «collaboration». «Trop facile aujourd’hui de «conspuer ses « amis d’en face » lorsqu’on est « entouré de députés du même parti »». ( 03 )

Quant au député de Matane, Pascal Bérubé: il parlait de cynisme de la population et le qualifiait de «décrochage démocratique», qui se manifeste par «la baisse de la confiance envers la classe politique».

«J’en ai ras le bol des sorties publiques partisanes à l’os sans propositions d’alternatives positives concrètes […]. C’est toujours dans le négatif et non le positif!» écrivait un électeur au député Bernard Drainville qui, comme bien d’autres, y est allé de son rapport à la mi-août 2011.

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Bernard Drainville, ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne ( 05 )
Il prône l’évacuation de la notion d’«engagement» partisan en campagne électorale afin de lui substituer celui de «l’objectif mesurable».

L’évaluation de chacun des objectifs d’un parti serait confiée «à une instance neutre à définir. Elle pourrait être composée de hauts fonctionnaires, de représentants de la société civile et de spécialistes».

Et non de politiciens partisans…

La partisannerie était l’une des principales préoccupations du député de Marie-Victorin. Les solutions visaient à la réduire, voire à la faire disparaître. L’élection du premier ministre au suffrage universel, écrivait le député, «réduirait considérablement l’emprise des chefs de parti sur les élus de l’Assemblée nationale et, par le fait même, sur la fameuse ligne de parti». Par conséquent, «les stratégies partisanes et le ton hargneux lors des débats seraient, eux aussi, en perte de vitesse». Depuis l’élection du parti québécois il y a bien la création de ce Secrétariat des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne qui planche sur des aménagements à la vie parlementaire, mais ce sera long.

En 2013, niet, rien, pas une once de noblesse dans l’attitude parlementaire, invective, insinuations malveillantes et la cerise sur le sunday …

La députée de Trois-Rivières Danielle St-Amand qui venait de faire une élection basée sur un gros mensonge à ses électeurs et électrices à propos du maintien en fonction de la centrale nucléaire de Gentilly ( 07 ), a éructé en pleine commission parlementaire un « crisse de folle » et a envoyer « chier » a trois reprises la ministre des ressources naturelles. ( 06 )
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Danielle St-Amand
Il est vrai que son chef Jean Charest a déjà pratiquer le lancement du mot qui tue, lorsqu’en juin 2005, à la période des questions des députés.es il avait traité la députée péquiste Elsie Lefebvre, de « chienne ».

Voici un exemple de l’état d’esprit des députés qui ne pensent pas à ce qu’il disent avant de vomir leurs insanités. Jacques Duchesneau de la Coalition Avenir Québec qui a traité le Parti Québécois de « parti d’eunuques ». Il est presque regrettable qu’un moment de comédie n’aie put s’ajouter au ridicule de l’attaque, car la boutade suivante aurait été de mise à l’effet que si le PQ est un parti d’eunuques ils ne pourront baiser personne contrairement aux autres partis avec leur grosse…politique. ( 08 )

Mais ce ne fut pas….Alors invective d’ignorant, réponse tout aussi bête et le tout diffusé à Télé-Québec et à la télévision de l’Assemblée nationale du Québec.

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Jocelyn Desjardins ex-président
Nouveau Mouvement pour le Québec
Depuis 2006, à l’extérieur des partis politiques, les propositions antipartisanes se multiplient.

Insistant sur le caractère «citoyen» de son Nouveau Mouvement pour le Québec, très critique du PQ, Jocelyn Desjardins raillait la vie des partis en ces termes, lors de son premier rassemblement, tenu en 2011: «C’est l’heure de la messe… mais cette assemblée se fera sans liturgie de la parole et sans génuflexion à des chefs

Un autre nouveau mouvement est né, celui des «Sans-parti». Dans son manifeste, il soutient que «les partis politiques actuels» sont les «premiers responsables de la dégradation de notre démocratie». Les partis n’ayant pas réussi à réaliser la réforme démocratique nécessaire, les Sans-parti estiment que seule une coalition de 125 candidats sans parti pourrait y susciter une réelle réforme démocratique qui redonnera «aux citoyens le contrôle permanent sur leurs représentants et sur les décisions qui les concernent».

«Je pensais que c’était utopique», a confié le secrétaire provisoire des Sans-parti (parce qu’il n’y a pas de chef, évidemment), Nicolas Falcimaigne, journaliste de 31 ans (pour le JournalEnsemble.coop). Il se souvient avec douleur du cul-de-sac sur lequel ont débouché les états généraux sur la réforme des institutions démocratiques, en 2003. «J’ai vu le rapport se faire déposer, être tabletté et finalement se faire déchiqueter par le gouvernement au pouvoir trois semaines plus tard», raconte-t-il.

Actuellement, «il semble qu’on soit tellement rendus dans une situation difficile que ces utopies-là [comme celle des
Sans-parti] deviennent nécessaires
», dit-il. Il s’est réjoui que le fondateur et ancien président de l’Union paysanne, et sur un site intitulé QuébecVote.

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Moisei Ostrogorski
«La dénonciation des partis politiques est aussi ancienne que les partis politiques», note toutefois Marc Chevrier, politologue à l’UQÀM. Au début du XXe siècle, Moisei Ostrogorski avait déjà tout dit dans son classique La démocratie et les partis politiques. «Quand je le fais lire à mes étudiants, leurs bras en tombent tellement il est actuel dans sa dénonciation des partis.» La philosophe française Simone Weil a aussi prôné, en 1957, «la suppression générale des partis politiques». «Les partis sont des organismes publiquement, officiellement constitués de manière à tuer dans les âmes le sens de la vérité et de la justice», écrivait-elle.

Les partis étaient selon elle aussi dangereux que les «stupéfiants» pour la pensée. Tentant un parallèle, elle écrit: «Il y a quand même des gens adonnés [sic] aux stupéfiants. Mais il y en aurait davantage si l’État organisait la vente de l’opium et de la cocaïne dans tous les bureaux de tabac, avec affiches de publicité pour encourager les consommateurs.»

Deux livres, entre autres, ont nourri ces réflexions antipartisanes: d’abord «Réinventer la démocratie», de Jean Laliberté (Septentrion, 2011), dans lequel l’auteur condamne la «discipline de parti», responsable selon lui du fait que «de moins en moins de gens compétents et respectés acceptent de briguer la charge de député parce que la perspective de jouer le rôle de simple figurant au sein du Parlement n’est aucunement réjouissante».

M. Laliberté va jusqu’à prôner, non seulement une démocratie participative sans parti, mais souhaite aussi en finir avec l’élection! Il y aussi «Abolir les partis politiques» (Libre pensée, 2006), du sociologue Jacques Lazure, de l’UQÀM.

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L’universitaire Jacques Lazure croit que oui c’est possible et que la démocratie s’en porterait mieux, selon lui…

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Jacques Lazure
Imaginez un Québec sans partis politiques. Des élections où les députés seraient élus pour leurs compétences personnelles. Il n’y aurait plus de « candidats bidon » utilisés comme pantins d’un parti, mais que des gens intéressés à défendre leurs idées. Imaginez un gouvernement débarrassé de ce chef qui a tout le loisir de choisir ses ministres et de nommer ses amis à la tête des sociétés d’État. Imaginez une Assemblée nationale où les députés d’arrière-ban n’existeraient plus. Vous savez, ceux dont la principale fonction consiste à applaudir à tout rompre chaque déclaration de leur chef, ces figurants condamnés à suivre aveuglément la « ligne du parti »?

Imaginez enfin un gouvernement dans lequel les représentants du peuple ne seraient plus d’éternels opposants, mais des personnes sensées qui collaborent, de façon ouverte et sincère, au bien commun.

L’homme n’est pas né de la dernière pluie. Ce retraité de 77 ans a été professeur de sociologie dans différentes universités pendant 44 ans, dont 28 à l’UQÀM. Ancien prêtre qui rejette aujourd’hui toutes les religions, il a fait sa maîtrise à Notre-Dame (Indiana) et son doctorat à Harvard. Avant-gardiste, il rêvait d’un Québec souverain dès 1957, 11 ans avant la fondation du Parti québécois.

L’idée d’abolir les partis politiques lui a sauté au visage vers la fin des années 70. « À l’époque, j’en avais parlé à des collègues et à des amis, dit-il en entrevue. Mais je me suis vite rendu compte qu’il aurait été prématuré de lancer l’idée publiquement. » Le timing n’était pas bon: le PQ venait de s’installer au pouvoir, l’effervescence politique atteignait des sommets et René Lévesque ne nous avait pas encore dit « à la prochaine fois« … Dans un tel contexte, prôner la suppression des partis politiques aurait été un brin suicidaire.

Un quart de siècle plus tard, ce n’est plus le cas. « Vu l’écoeurement général des Québécois envers les politiciens, surtout après le scandale des commandites, soutient Jacques Lazure, j’ai pensé qu’il était temps de mettre l’idée sur la table. »

Pour l’ancien professeur, les partis politiques n’ont cependant pas que de mauvais côtés. En fait, ils ont été utiles dans l’histoire de la démocratie en permettant d’éradiquer les dictatures des partis uniques. Sauf que la démocratie est un travail. Et pour Lazure, les partis ont fait leur temps.

10-19.jpg Les ratés des partis politiques

Dans son essai, Jacques Lazure énumère ce qu’il considère comme des ratés des partis politiques. « Le vice le plus fondamental, dit-il, c’est la quête du pouvoir. » C’est qu’un parti, par nature, doit avant tout accéder au pouvoir pour gouverner. C’est son objectif numéro un. Ensuite seulement, on travaillera au bien commun. Or, pour aspirer au pouvoir, il faut faire élire des députés. « C’est le nombre qui prime, pas la qualité », dit l’auteur. Plus de députés, plus de pouvoir. Point à la ligne. Voilà pourquoi les partis investissent autant d’efforts (et de moyens) à dorer leur image et à organiser des campagnes électorales coûteuses. Du coup, les idées sont bien moins importantes que les stratégies électoralistes.

Mentionnons aussi que dans un système doté de partis politiques, la gouverne se fait « dans un climat de guerre« . Les partis de l’opposition ont immanquablement l’opinion contraire du parti au pouvoir, et vice-versa. S’ensuit un spectacle de gueulards à l’Assemblée nationale; tristes combats de coqs qui ne font nullement honneur à une société dite évoluée. « Il est possible de collaborer, de se parler pour arriver à un compromis honnête sur une question. Sauf que pour l’instant, à cause de l’existence des partis politiques, c’est la guerre structurelle permanente« , dit Jacques Lazure.

Se rapprocher de la démocratie

Un gouvernement sans partis serait plus démocratique, selon Lazure. Dans le projet qu’il propose, les candidats se présenteraient à une élection en fonction de leurs mérites personnels, et sur une base individuelle. Ils ne pourraient en aucun cas faire partie d’une organisation ou d’un mouvement. D’autre part, les campagnes électorales se feraient à l’échelle de chaque comté. Les dépenses électorales des candidats seraient défrayées par l’État, qui donnerait à chacun le même montant. Ainsi, tous s’affronteraient à armes égales.

Les députés devraient être élus à majorité simple, après deux tours de scrutin s’il le faut. Une fois au gouvernement, ils auraient à travailler ensemble pour faire avancer des projets, et ce, sans avoir à se rallier à une ligne de parti. Ils pourraient agir selon leurs convictions. Tantôt certains députés se regrouperaient autour d’une position qu’ils partagent, tantôt ils s’opposeraient sur des divergences de points de vue. Ce genre de système miserait avant tout sur un choc des idées. « On reproduirait dans une société moderne l’agora de la Grèce antique, qui a tant contribué à l’avènement de la démocratie dans le monde« , écrit Jacques Lazure.

Seul un Québec souverain pourrait inscrire à sa première Constitution l’abolition des partis politiques, croit Jacques Lazure. Concrétiser une telle idée à l’échelle canadienne lui apparaît irréalisable. Il ne se fait toutefois pas d’illusions. L’auteur sait fort bien qu’il partira avant les partis politiques… Il est aussi conscient que ce ne sera pas demain la veille qu’un grand parti endossera une idée semblable. C’est leur existence qui est remise en question, après tout!

Cependant, vu le degré de cynisme de la population envers la chose politique, il faudra peut-être réfléchir au fonctionnement de ce système vieux de plus de 200 ans. Jacques Lazure a semé son idée. Reste à voir si elle saura germer…

10-15.jpg Roméo Bouchard de St-Germain-de-Kamouraska, www.quebecvote.ca expliquait en 2011 que beaucoup sont d’accord que le parti québécois ne répond plus à la nouvelle prise de conscience démocratique du Québec et qu’une nouvelle coalition citoyenne, c’est-à-dire sans parti, est nécessaire pour redémarrer la construction du Québec, notamment redéfinir notre démocratie dans une constitution et reconquérir nos ressources naturelles et notre territoire.

Mais le principal obstacle à un tel mouvement vient justement des souverainistes eux-mêmes qui semblent incapables de concevoir que la construction du Québec puisse passer par autre chose que leur catéchisme constitutionnel et continuent à croire aveuglément qu’il suffit de parler davantage de l’indépendance pour en convaincre une majorité de Québécois.

Ces apôtres de la souveraineté toute-puissante, c’est malheureux de le dire, empoisonnent au départ présentement toute reprise en mains du Québec réel et toute réforme démocratique sérieuse, parce qu’ils ont toujours derrière la tête leur agenda secret, la souveraineté. Ils attendent un pays futur alors que nous en avons un bien réel sous les pieds, que nous sommes en train de laisser aller au diable, comme le corbeau son fromage, sur un arbre perché !

C’est bien mal honorer René Lévesque, qui a toujours placé la réforme démocratique en tête de son programme et a toujours déploré que son parti repousse cette réforme pour des raisons électoralistes et référendaires : pour lui, la souveraineté, c’était la souveraineté populaire avant celle de l’État, la démocratie d’abord, la souveraineté ensuite, et non l’inverse, comme continue à le penser le Parti québécois.

La place qu’ont pris aujourd’hui les citoyens dans la vie publique, l’éducation et la formation dont ils disposent, les moyens de communications rapides qu’ils utilisent, tout cela fait en sorte qu’ils sont en mesure et en droit de participer directement à l’élection et aux décisions de leurs représentants, sans l’intermédiaire de partis politiques contraignants et centralisés qui faussent la représentation.

10-20.jpg La démocratie directe, par définition, fait appel au citoyen individuel et non aux associations ou partis politiques auquel il appartient.

On peut concevoir un système électoral et politique sans la présence de partis politiques institutionnalisés et sans allégeances politiques partisanes.

Il faut étudier sans préjugés et avec ouverture d’esprit la possibilité d’abolir les allégeances politiques dans le processus électoral et parlementaire, c’est-à-dire d’élire des députés territoriaux à titre personnel, pour représenter leur collectivité et gouverner le Québec dans son ensemble, lesquels, une fois à l’assemblée nationale, établiront eux-mêmes les priorités de leur mandat en continuité avec le bilan du gouvernement précédent, et nommeront eux-mêmes librement parmi eux le président et les membres de l’exécutif, un président extérieur si nécessaire comme gardien de la constitution, en continuelle interaction avec des instances territoriales démocratiques et avec l’ensemble des citoyens virtuellement actifs. L’intégration systématique des médias sociaux dans les mécanismes électoraux, parlementaires et législatifs peut aider grandement à créer une véritable dynamique collective basée sur le citoyen.

La diversité des opinions politiques continuera à s’exprimer dans des groupes politiques, mais aucun de ces groupes ne devrait pouvoir se constituer en parti politique formel afin d’éviter que les appareils de partis ( les employés.es permanents) continuent à empoisonner toute la vie politique et démocratique.

Le seul « parti » dont on a besoin, au départ seulement, est une coalition de députés territoriaux, élus à titre personnel, qui s’engagent à une seule chose : mettre en place une nouvelle démocratie sans partis, où les citoyens sont souverains, et confier cette réforme à une constituante, tirée au sort pour en garantir l’indépendance, chargée d’élaborer et faire adopter démocratiquement une constitution pour le Québec où sera défini comment nous voulons vivre, nous gouverner et nous approprier ce pays.

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