Énergie et relations environnementales biophysiques et socio-économiques

Échec du système industriel capitaliste et du système gouvernemental politique représentatif totalitaire et du système économique monétaire oligarchique et du système juridique législatif bureaucratique.

p.17
« ÉNERGIE ET SOCIÉTÉS I.Régulations écologiques et régulations sociales

Les relations entre les sociétés humaines et la biosphère ne peuvent se réduire à leur dimension économique ni même à leur dimension sociale, car elles concernent aussi le mode de vie particulier de l’humanité en tant qu’espèce biologique. Cela signifie qu’aucune espèce, pas même l’espèce humaine, ne peut échapper aux lois des sciences de la nature.

Les activités humaines telles qu’elles sont analysées par l’économie (production, échange, consommation…) ne constituent qu’une première sphère, qui obéit à ses propres régulations (dans la société capitaliste : le marché, les prix…), incluse elle-même dans une sphère sociale plus large (la société civile, l’État, les idéologies…).

Mais cette première sphère s’ouvre à son tour sur l’univers plus large de la matière inanimée et vivante, qui l’englobe et la dépasse.

Ces trois sphères, celle des modes de production, celle de la formation sociale et celle de la biosphère, rendent compte de l’ensemble des activités humaines.

Ce constat conduit aux remarques suivantes, triviales et néanmoins lourdes de conséquences 1 :

– les activités économiques n’ont de sens que dans la sphère sociale;

– la reproduction et la régulation de chacune des trois sphères passent par celles des deux autres;

– si les relations entre ces trois sphères sont d’indusion, on peut affirmer que les éléments de la sphère économique appartiennent à la biosphère et obéissent à ses lois, mais que tous les éléments de la biosphère n’appartiennent pas à la sphère de l’économie et ne se plient pas à ses régulations.

Pour cette dernière raison, conférer un caractère déterminant en dernière instance à l’économique a pour effet de soumettre la société, les hommes et la nature à un déterminisme qui ne saurait être leur loi commune : dans cette perspective, la biosphère, qui a ses propres régulations, se trouve de ce fait placée sous la dépendance de l’un de ses sous-systèmes. »

1. PASSET R., L’Économique et le Vivant, Paris, Payot, 1979.

« Aussi longtemps que les activités économiques n’ont fait qu’égratigner la biosphère, le non-respect des relations d’inclusion n’a pas eu de conséquences trop graves, car le monde vivant « absorbait » sans difficulté les interventions humaines, encore que certains phénomènes historiques d’importance puissent sans aucun doute être reliés à une pression trop forte des activités humaines sur les écosystèmes. Ainsi, le surpâturage des steppes de l’Asie centrale n’a-t-il pas été l’un des facteurs d’un désastre écologique qui expliquerait au moins partiellement les phénomènes migratoires séculaires vers l’Europe? Ou les vastes déboi-sements qui ont précédé la révolution industrielle — alors que le bois était un matériau essentiel exploité comme seule source d’énergie thermique — n’ont-ils pas conduit le monde occidental vers une crise qui a débouché sur le développement rapide de l’extraction du charbon et sur l’invention de la machine à vapeur?

Que dire d’aujourd’hui, où les répercussions des activités humaines mettent en jeu la reproduction même des écosystèmes qui les portent? Cette situation d’interdépendance des trois sphères nécessite impérativement de prendre en compte simultanément des régulations économiques et sociales ainsi que des régulations écologiques. Ce qui ne signifie pas qu’il faille chausser des lunettes éclectiques pour voir apparaître le monde sous la forme d’une mosaïque sans structure. Au contraire, une réflexion approfondie sur le rôle de l’énergie dans l’histoire des sociétés humaines peut remettre de l’ordre dans notre vision de ces trois sphères et dans la compréhension de la place qu’occupe l’énergie face au défi majeur auquel est aujourd’hui confrontée l’humanité. »

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