Le déficit de légitimité du gouvernement Couillard

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire, du système économique monétaire capitaliste oligarchique et du système administratif bureaucratique.

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Le déficit de légitimité du gouvernement Couillard

Quelle situation incroyable ! Le gouvernement Couillard vient à peine d’entrer en fonction que déjà il affiche un déficit de légitimité comme en sont affligés les gouvernements au pouvoir depuis trop longtemps.

Vous me direz à juste titre « Mais n’est-il pas majoritaire ? » et vous aurez raison… en partie. Mais en partie seulement.

Et malheureusement pour ce gouvernement, l’autre partie est plus importante.

Passons sur le fait que si le PLQ a bien fait élire 70 de ses candidats sur un total possible de 125, le taux de participation à l’élection n’a été que de 41,52 %. Il n’a obtenu l’appui que de 1 757 071 électeurs sur les 6 012 440 inscrits, soit même pas le tiers.

Sur le simple plan de la démocratie, ce résultat devrait déjà lui inspirer une petite gêne dans ses élans pour tout chambouler et imposer sa marque, son monde et ses choix politiques. S’il devait dépasser les faibles limites de son mandat démocratique, la population se chargerait très rapidement de le rappeler à l’ordre, au besoin à coups de casseroles dans la rue.

Mais en démocratie, la légitimité ne repose pas que sur le résultat d’un scrutin, comme je l’ai démontré amplement dans un ouvrage publié en 1997 chez Stanké dans la foulée du référendum de 1995, La prochaine étape, Le défi de la légitimité. De nombreux facteurs y contribuent, à commencer par l’autorité morale qui repose d’abord et avant tout sur une perception d’intégrité.

Sur ce plan, le gouvernement Couillard est largement déficitaire, comme les événements de la semaine viennent de nous le démontrer, non pas tant par les gestes qu’il a posés que par son étiquette PLQ et sa filiation avec le gouvernement Charest. Il lui est impossible de renier l’un comme l’autre.

Et ce que nous avons vu jusqu’ici n’est encore que de la petite bière à côté de ce qui s’en vient, que ce soit devant la Commission Charbonneau, ou devant les tribunaux avec l’aboutissement judiciaire des nombreuses enquêtes policières en cours.

Qu’il s’y prenne comme il le voudra, le gouvernement Couillard ne pourra pas se libérer de ce boulet qui va l’entraver pendant toute la durée de son mandat. L’hypothèque est si lourde qu’il faut même se demander s’il pourra le terminer. Dans Le Devoir de samedi, dans un éditorial titré fort à propos « La boîte à surprises », Bernard Descoteaux évoque l’existence d’un « malaise palpable » au sein du conseil des ministres dont plusieurs membres risquent à tout moment de se faire interpeller par les médias ou la police, comme cela vient d’être le cas pour Sam Hamad.

Philippe Couillard lui-même n’est pas à l’abri. Au fur et à mesure que vont être révélés les dessous du scandale du CUSM, les questions vont surgir sur le rôle qu’il a joué et la responsabilité qu’il pourrait avoir, sinon dans la fraude que nous ont décrite les enquêteurs de la Commission Charbonneau, du moins dans le recrutement d’Arthur Porter pour diriger le CUSM après son fiasco à Détroit.

Couillard devra aussi répondre de ses liens d’amitié avec Porter. Plus on en apprend sur ce personnage, plus on se demande comment un homme qui exerce aujourd’hui la fonction de premier ministre a bien pu s’en enticher. Et Couillard ne sera pas le seul à voir son bon jugement, sinon son intégrité, remis en cause. Tout le gratin de l’establishment anglophone montréalais va avoir des comptes à rendre.

En effet, Vincent Larouche, de La Presse, nous apprenait hier ce que l’ex-sénateur David Angus avait autorisé, lorsqu’il présidait le conseil d’administration du CUSM :

En juillet 2011, alors que le système de santé québécois manquait pourtant cruellement de ressources, le sénateur conservateur David Angus, qui présidait le conseil d’administration du CUSM, a approuvé un paiement initial de 59 000 $ et une allocation mensuelle de 1700 $ à même les fonds du centre médical pour permettre à Arthur Porter de s’acheter une voiture de luxe Bentley.

Vous avez bien lu, une Bentley ! Une des voitures les plus chères au monde ! Avec l’argent des contribuables ! Pour le petit copain de Philippe Couillard ! Dites-moi que ce n’est qu’un cauchemar ! Au fait, comment dit-on Bougon en anglais ?

Et nous n’avons encore rien vu…

Alors oui, ce sera un vrai miracle si le gouvernement Libéral élu le 7 avril dernier par même pas le tiers des électeurs inscrits parvient à terminer son mandat. Il faut plutôt s’attendre à plusieurs départs et à une série de déchirements qui amèneront certains députés non compromis avec le gouvernement Charest à se dissocier du PLQ et à rejoindre l’opposition, pour éviter d’être à jamais teintés par leur association à la plus grosse série de scandales de toute notre histoire.

Dans un scénario de ce genre, la CAQ pourrait ravir au PQ son titre d’opposition officielle. D’où la nécessité absolue pour le PQ de se remobiliser très rapidement sur des enjeux porteurs. Ainsi, l’annonce par le nouveau ministre des Finances, Carlos Leitao, dans le budget qu’il doit déposer prochainement, de l’intention du gouvernement de privatiser partiellement Hydro-Québec comme il en a été ouvertement question depuis l’élection, pourrait justement offrir au PQ un moyen rapide de reprendre le dessus dans l’électorat.

D’autant plus que d’autres facteurs externes, au Canada et sur la scène internationale, vont contribuer au cours des prochains mois à créer des conditions nouvelles et un environnement plus favorable à sa raison d’être, l’indépendance du Québec. Je reviendrai sur ce sujet dans un prochain article.

On voit donc combien il serait périlleux pour les indépendantistes de croire qu’ils ont tout le temps devant eux pour se réorganiser. La prochaine échéance risque d’être… très prochaine ! En guerre – et nous sommes en guerre, ce sont les fédéralistes eux-mêmes qui nous l’ont dit – on ne baisse jamais la garde, et la capacité de réagir rapidement confère au camp qui la possède un avantage stratégique important.

Je profite de cette veille de la Journée nationale des Patriotes pour proposer quelques lectures de motivation à ceux dont les convictions sont sorties ébranlées du dernier scrutin.

Lorsque j’ai commencé à écrire sur Vigile, il y a de cela quatre ans, je m’étais amusé à écrire les premiers chapitres d’un roman que j’avais intitulé « Les bâtisseurs de l’An 1 » en partant de l’hypothèse « Et si… », comme dans « Et si les Québécois prenaient enfin leur avenir en main… ».

J’avais écrit l’introduction et les six premiers chapitres. Je viens de les relire. Ce n’est pas parce que j’en suis l’auteur que je vous les recommande, mais bien parce qu’elles sonnent encore juste même après quatre ans et qu’elles sont de nature à redonner espoir aux plus découragés d’entre vous.

Et si…
Chapitre 1 : La Victoire !
Chapitre 2 : Le discours
Chapitre 3 : Gens qui rient/Gens qui pleurent
Chapitre 4 : Panique au Canada anglais
Chapitre 5 : Autopsie d’une victoire
Chapitre 6 : Au travail !

Je me suis d’arrêté d’écrire lorsque je me suis rendu compte qu’un nouveau créneau venait de s’ouvrir pour l’indépendance, et que la réalité dépasserait sûrement la fiction.

Et à ceux qui se demanderont comment on fait pour écrire une telle histoire, la réponse est toute simple : en projetant l’histoire et le présent dans le futur. Mais encore faut-il connaître l’histoire, être bien renseigné sur le présent, et avoir un bon sens du possible. Savoir écrire est un atout non négligeable.

Bonne lecture, et n’hésitez pas à me faire parvenir vos commentaires.

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