Universalité et solidarité | Libre échange

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Universalité et solidarité

L’accès universel aux programmes sociaux, comme celui des centres de la petite enfance (CPE) subventionnés, permet de cimenter le lien social. Il dépasse, en ce sens, le simple soutien financier aux familles. Depuis plusieurs années, on remet en question l’universalité des programmes sociaux. C’est le principe de l’utilisateur-payeur, du citoyen qui doit «faire sa juste part».

L’effet pervers de ce principe — qui peut paraître légitime — est qu’on brise le lien social. Si chacun est invité à payer à la mesure de ses moyens, il n’y a, par définition, plus de partage équitable de la facture.

Or, ce partage de la facture constitue aussi un partage de notre situation sociale. Que nous soyons issus d’une famille modeste, de la grande bourgeoisie ou de la classe moyenne, ces politiques universelles nous placent tous sur le même plan. C’est en cela qu’elles sont précieuses.

Précisons. Qu’il en coûte effectivement la même chose pour tous les Québécois d’envoyer leurs enfants à la garderie, de consulter un médecin ou de fréquenter le cégep, c’est construire un vivre-ensemble. C’est affirmer que nous ne sommes pas des consommateurs de services publics, mais bien des citoyens traités sur le même plan.

Les tergiversations du gouvernement Couillard autour du programme des CPE subventionnés montrent à quel point nous avons abandonné les principes élémentaires de solidarité. Chacun paierait à sa capacité? Où serait, ce faisant, la solidarité de tous envers tous?

Qui plus est, le fiscaliste Luc Godbout, qu’on ne peut soupçonner de favoritisme envers les interventions de l’État, a montré avec mes confrères Pierre Fortin et Suzie St-Cerny l’an dernier que les garderies subventionnées étaient payantes pour l’État. Le coût net du programme est de 1,6 G$. Mais il a généré des revenus pour le gouvernement du Québec de 2,4 G$.

Comment? Essentiellement, parce que cette mesure a fait en sorte que 70 000 femmes ont intégré le marché du travail. Luc Godbout — je le répète: ce fiscaliste est très critique des interventions de l’État — souligne: «Cette politique publique a contribué à la fois au développement social du Québec et à sa prospérité économique.»

Car voilà la clef: des mesures universelles participent à l’équité sociale. Ergoter sur la hausse des tarifs des CPE de 7 $ à 9 $ devrait être du ressort des spécialistes et des techniciens. Nos élus ramènent une question hautement politique à des considérations techniciennes. La valeur politique est ailleurs: dans l’égalité de traitement que nous voulons pour tous nos concitoyens et concitoyennes face à un besoin élémentaire et particulièrement fondamental: l’éducation de leurs enfants.

De quoi est-il question, au final? De nos enfants, à nous tous. Car il ne s’agit pas là que d’une question familiale et privée, mais bien de l’avenir de notre société, de la manière de la façonner et de mettre au monde les prochaines générations.

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