Un chien en ski (dans un texte sur l’économie)

Échec du système économique monétaire capitaliste oligarchique, du système gouvernemental politique représentatif totalitaire et du système juridique législatif administratif bureaucratique.

Échec de la culture humaine déformée par le système social économique monétaire capitaliste oligarchique et par le système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

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Un chien en ski (dans un texte sur l’économie)
MARTIN LAPRISE POUR L’ACTUALITÉ L’ACTUALITÉ

Alors, ça vous branche, l’austérité? Trépignez-vous de plaisir à l’idée de vous faire parler de chiffres, de compressions et d’économie pendant les prochains mois? Bien sûr que non. Pour la moyenne des ours et des humains, l’économie, c’est à peu près aussi attrayant qu’un souper gastro-nomique à base de biscuits soda (émission Les chefs!, prenez des notes). Il faut pourtant s’y intéresser, sinon, on peut se faire passer un peu n’importe quoi. C’est pourquoi j’ai décidé de vous parler aujourd’hui de chiffres, de budget, d’économie, de dette et de… NON! RESTEZ! Tenez, voici un super mignon lapin surpris.

Vous êtes prêt à me suivre? Super. Voici de petites choses à ne pas oublier quand vous lisez des nouvelles économiques.

1—LES EXPERTS On rit souvent des météo-rologues et de leurs prédic-tions, qu’on dit peu fiables. Il n’en demeure pas moins que si trois mètres de neige arrivent, ils le savent généralement à l’avance. Les économistes et les experts de la finance, eux? Je ne dirai qu’une seule chose: crise financière de 2008. Aussi, à partir des mêmes données, deux experts peuvent arri-ver à des conclusions complètement opposées quant aux mesures à prendre. Prenons deux des économistes les plus marquants du XXe siècle, John Maynard Keynes et Friedrich Hayek. Quoi? Vous ne les connaissez pas? Bon… Je ne vous explique-rai pas en long et en large leurs idées, mais on pourrait dire que Keynes et Hayek, c’est un peu comme Joe Beef et Le Commen-sal. Ou Éric et Pierre Lapointe. Ou le Grand Prix et ma passe d’autobus. Situ veux te faire dire que l’État doit intervenir dans l’économie, tu demandes à un admirateur de Keynes. Si tu veux te faire dire que l’État devrait se tenir tran-quille, tu demandes à celui qui a un chandail avec « Que ferait Hayek ?» écrit sur le devant, et « Rien. Le monde est trop com-plexe pour qu’on tente de l’influencer » dans le dos. L’idée à retenir : les chiffres sont neutres, mais les gens qui les interprètent et nous disent ce qu’il faut faire le sont autant qu’un journaliste sportif montréalais qui couvre le Canadien. Toujours là? Parfait. On continue.

2—LES CHIFFRES Il est important de retenir qu’un chiffre tout seul, sans contexte, ça ne veut rien dire. Et aussi que, malheureusement, les gens qui veulent vous faire peur aiment beaucoup les chiffres sans contexte. Si je vous dis, par exemple: « Manger 20 livres de steak », vous me répondrez sans doute que c’est beaucoup de viande. De quoi faire une crise car-diaque, même. Or, il n’en est rien, puisque celui qui va manger ces 20 livres de steak, c’est cet ours qui fait des tatas. « Tiens, mon dîner qui me salue. Allô, dîner !» Petit détail qui change tout, n’est-ce pas? C’est la même chose quand on vous annonce que la dette du Québec est de 198 milliards de dollars. C’est un gros chiffre, mais tel un Marcel Marceau économique, il ne dit rien. On aura beau fixer le « compteur de la dette québécoise » de l’Institut économique de Montréal (IEDM) jusqu’à tomber dans un état d’hypnose, on ne sera pas plus informé sur la situation.

Compteur de la dette du Québec par l’IEDM : 266 856 920 575,74 $
Vos paupières sont lourdes. On remarquera cependant que l’IEDM arrive à un chiffre plus élevé que celui que calcule le gouvernement. Pourquoi? Parce que l’Institut y ajoute la dette des universités, des municipalités et des autres entreprises sous la responsabilité finale de l’État. On raconte qu’il a aussi pensé y inclure les frais de retard à la bibliothèque et au club vidéo, histoire de faire grimper le chiffre encore un peu. Parce que le gros chiffre, il fait peur. Et l’IEDM veut que vous ayez peur. Même que si vous avez envie de pouvoir paniquer sur ce chiffre où que vous soyez, l’IEDM a conçu une application pour téléphone intelligent. Faire une fixation maladive sur un chiffre que l’on ne remet pas en contexte et qui ne veut rien dire en lui-même? Il y a une application pour ça!

Or, la dette d’un pays ou d’une province doit être mise en rela-tion avec l’argent dont dispose le pays ou la province. Qu’est-ce que ça veut dire? Tout simplement que si Pierre Karl Péladeau doit s’endetter de 400 dollars pour s’acheter un nouveau vélo (situation fictive), ça le met moins dans le trou que s’il était un employé à temps partiel chez Dollarama. Ainsi, la dette du Québec représente en ce moment 54,3 % du PIB. Est-ce beaucoup? Est-ce trop? Ça dépend des experts à qui l’on pose la question, ce qui nous ramène à la première partie de ce texte. Pendant que François Legault crie «bouuuuuh, Joe Dette, bouuuuuh ! » Pierre Fortin, lui, croit que « rien ne justifie la panique». Qui croire? Aucune idée. Je sais seulement que la dette du Japon représente 241% de son PIB et que le pays existe encore. Signe que l’économie, ça se résume à beaucoup plus qu’à un seul chiffre. Il en va de même pour la péréquation, ce fameux « B.S.» qu’on reçoit du fédéral. Des provinces qui profitent de la péréquation, le Québec est celle qui en reçoit le plus. Les alarmistes comme le président de Couche-Tard aiment bien arrêter l’histoire juste là. Le chiffre est gros, alors le chiffre est mauvais, alors le Québec devrait avoir honte de ce gros chiffre. Sauf que la somme que reçoit une province en péréquation est en partie liée à sa popu-lation. En 2012, nous rece-vions 915 dollars par habitant. La même année, chaque habitant de l’Île-du-Prince-Édouard recevait 2 320 dollars. Un bon moyen de faire baisser la somme que reçoit le Québec en péréquation? Diminuer le nombre de Qué-bécois. Deux bons moyens d’y arriver? Rendre les Qué-bécois malades avec la sloche vendue par Couche-Tard ou les faire manger par l’ours qui fait des tatas. Toujours là? Je voulais juste vérifier.

3-MAIS LÀ, MATHIEU, ES-TU EN TRAIN DE NOUS DIRE QUE TOUT VA BIEN AU QUÉBEC ET QU’ON ESSAIE DE NOUS FAIRE PANIQUER POUR RIEN? PARCE QUE ÇA SONNE VRAIMENT COMME ÇA, TON AFFAIRE. Non. Je ne dis vraiment pas ça. Il y a un consensus au Québec: tous les articles qui parlent d’économie doivent débuter en disant qu’il y a un consensus. «Le Québec doit donner un coup de barre», «La province vit au-dessus de ses moyens », « Nos enfants vont tous vivre dans des bidonvilles et vont devoir manger le cadavre de nos vieux si on ne fait rien! » etc. Être conscient des éléments cités aux points 1 et 2 de ce texte n’empêche en rien d’être d’accord avec ce consensus. Même qu’en gardant ça en mémoire, vous arriverez peut-être à une opinion encore plus radicale sur ce qui doit être fait. Mais au moins, vous saurez pourquoi. Voilà. C’est tout. Voici le chien en ski. Vous le méritez bien.

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