Ce qu’on vous cache et qu’il ne faut absolument pas que vous sachiez

Échec du système d’information et d’éducation sociale déshumanisé, du système gouvernemental politique représentatif totalitaire et du système économique monétaire capitaliste oligarchique.

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

Échec du système économique monétaire capitaliste oligarchique, du système gouvernemental politique représentatif totalitaire et du système juridique legislatif bureaucratique.

http://www.vigile.net/Ce-qu-on-vous-cache-et-qu-il-ne

Ce qu’on vous cache et qu’il ne faut absolument pas que vous sachiez

Il y a une dizaine de jours, coup sur coup, en pleine torpeur caniculaire, deux informations sont tombées. Deux informations critiques pour l’avenir du Canada, donc du Québec, que nos médias fédéralistes se sont empressés d’ignorer.

Si Le Devoir a vaguement fait écho à la décision de Moody’s d’inscrire l’Ontario sur sa liste de surveillance avec une perspective négative en raison de l’impossibilité dans laquelle elle va se trouver d’atteindre ses cibles de réduction de son déficit, il n’a, en revanche – et pas plus que les médias de Québecor, de Gesca ou Radio-Canada – fait la moindre allusion à une étude de la School of Public Policy de l’Université de Calgary qui conclut que la situation de l’endettement en Ontario est « pire que celle du Québec » !

Non, vous ne rêvez pas, vous avez bien lu, « pire que celle du Québec ».

Mais alors, tous ces articles que vous avez lus dans La Presse sous la signature d’André Pratte ou celle d’Alain Dubuc, dans le Journal de Montréal sous celles de prétendus « lucides » comme Michel Hébert, Jean-Jacques Samson, ou de tous ces chroniqueurs de la droite libéralo-caquo-fédéralo-mondialiste à la solde des Desmarais ? De la propagande pour vous faire voter, vous et tous les autres Québécois, du « bon bord » !

La nouvelle est tellement grosse et lourde de conséquences, en plus de trancher sur les perceptions alimentées par les médias à la solde, que je vous la traduis :

L’Ontario et le Québec confrontés à des choix difficiles : un endettement [surtout] attribuable à de mauvaises politiques – L’Ontario est plus mal en point que le Québec

CALGARY, 3 juillet 2014 /CNW/ – Quelle est la principale cause de l’endettement public au Canada ? S’agit-il des politiques publiques mises en oeuvre par les gouvernements, ou plutôt d’autres facteurs comme les taux d’intérêt ou le contexte économique ? Répondre à cette question constitue pour les gouvernements la première étape de la prise en contrôle de cet endettement.

La dernière étude de la School of Public Policy examine les cas de l’Ontario et du Québec pour déterminer de quelle façon ils ont accumulé leur dette, les implications de celle-ci sur leur fiscalité et leurs dépenses, et comment ils peuvent la juguler.

L’étude conclut que les politiques publiques sont très largement responsables de l’endettement des gouvernements, les autres facteurs ayant une incidence négligeable. Il n’existe aucun doute dans l’esprit des auteurs que l’Ontario et le Québec devront faire face à des choix très difficiles. L’étude propose même des solutions hardies qui vont avoir d’importantes répercussions sur les contribuables. Elle précise enfin que l’Ontario devra prendre des mesures nettement plus radicales que le Québec.

Vous pouvez trouver le texte complet de l’étude à l’adresse suivante :

SOURCE The School of Public Policy – Université de Calgary [Ma traduction et mes caractères gras]

Avouez que vous ne vous y attendiez pas, et que ça bouleverse toutes vos idées reçues sur la situation financière du Québec. L’Ontario devra prendre des mesures nettement plus radicales que le Québec ! C’est une conséquence directe de la crise de 2008 que j’avais déjà signalée dans un article intitulé « Demain l’indépendance », rédigé à l’invitation de Robert Laplante, directeur de la Revue de l’Action Nationale, et publié dans le numéro novembre-décembre 2011 de cette dernière (également disponible sur Vigile).

Comme je le soulignais alors :

Mais le mal est fait, et l’Ontario, de vache à lait du système fédéral des transferts sociaux et de la péréquation qu’elle était encore jusqu’en 2008, est devenue un fardeau pour le Canada. Ce n’est pas moi qui le dis – j’aurais trop peur d’être taxé de menteur – c’est le réputé chroniqueur du Globe and Mail dans un billet daté du 25 mars 2010 intitulé « Ontario lifted Canada up. Now it’ll drag it down », passé largement inaperçu et prestement escamoté pour cause d’excès de franchise et injure grave à l’image que le fédéralisme canadien se doit de maintenir en tout temps face aux ambitions nationales du Québec.

Je me permets de citer son texte en entier, car vous ne trouverez jamais un portrait plus véridique de la situation dans laquelle se trouve désormais le Canada :

[MA TRADUCTION] « Les Canadiens doivent comprendre qu’à partir de maintenant, la confédération ne sera jamais plus la même. En effet, l’Ontario, qui fut un temps la vache à lait du système, est devenu un poids plume financier.

L’époque où les surplus de l’Ontario pouvaient être redistribués ailleurs en toute impunité politique sans contrecoups économiques est révolue. Plutôt que de porter le Canada à bout de bras, l’Ontario va l’entraîner par le fond.

Quelle est la gravité de la situation ? Imaginez l’inimaginable : d’ici quatre ans, et peut-être même trois seulement, le fardeau de la dette de l’Ontario en proportion de son PIB sera équivalent à celui du Québec, pendant longtemps le plus lourd au Canada.

Au Québec, cependant, on cherche à réduire ce fardeau en raison du vieillissement de la population et de la décennie de faible croissance qui s’annonce. La question de savoir si le Québec prendra les mesures nécessaires pour réduire son endettement demeure ouverte, mais au moins, les Québécois les plus sérieux en débattent.

Mais en Ontario, le premier ministre Dalton McGuinty et la plupart des Ontariens semblent se soucier comme d’une guigne que leur province passe du statut d’homme fort à celui de mauviette.

Le budget ontarien déposé hier décrit la lugubre réalité : un déficit de 21,3 milliards $ cette année, suivi de six autres années d’encre rouge qui ajouteront un autre 100 milliards $ à la dette de la province. Et la situation risque d’être pire, et même bien pire, que le budget ne le suggère.

Pour commencer, les projections du ministre des Finances Dwight Duncan sur sept ans sont, par définition, totalement fantaisistes. Ni M. Duncan ni M. McGuinty n’ont de chance d’être encore là dans sept ans. Il est déjà suffisamment grave que le gouvernement Harper à Ottawa se soit mis à faire passer ses lectures à cinq ans dans le marc de café pour des prévisions solides. Mais voilà que l’Ontario surenchérit avec des prévisions encore moins crédibles sur sept ans.

Et puis, il y a la question des taux d’intérêt. Ils sont très bas maintenant, mais ils finiront par grimper. La seule question est de savoir quand et de combien. À chaque fois qu’ils grimperont d’un point, le déficit de l’Ontario grimpera d’un demi milliard.

Et puis il y a le plus gros monstre de tous, le déchaînement des coûts du système de santé. Depuis des années, les dépenses de santé croissent au rythme de 6 % en Ontario. Puisque ces dépenses comptent pour 46 % de toutes les dépenses de programme, l’absence totale de tout effort sérieux pour en limiter la progression est en train d’obérer le budget provincial au complet.

Il y a quelques années, le gouvernement McGuinty avait promis que la progression annuelle de ces dépenses serait maintenant ramenée à 3 %. Cette promesse était totalement fantaisiste. Et le budget d’hier la reprend en annonçant que le rythme annuel de progression des dépenses de santé passera de 6 à 3 % dans un délai de deux ans, et demeurera à ce niveau par la suite.

Les chances que cela se produise sont nulles. L’effet combiné de l’inflation et de la croissance démographique va à lui seul induire une progression de 3 % à laquelle vont se greffer les effets de la hausse des salaires et des prestations, de l’augmentation des dépenses de médicaments, du coût de nouvelles procédures, et de l’accroissement de la demande de service causée par le vieillissement de la population.

Ce qui nous amène à la dernière raison pour laquelle on ne peut accorder aucune foi au budget d’hier. Le gouvernement ne va pas rouvrir les conventions collectives du secteur public, mais il va chercher à geler les conditions de travail à leur expiration. Les syndicats du secteur public en Ontario sont bien organisés, ils ont des poches profondes, et ils ont une longue tradition de militantisme. Leur faire entendre raison ne sera pas une tâche facile, et encore moins de leur faire accepter un gel des salaires sur une longue période.

La situation budgétaire risque donc d’être infiniment pire que le gouvernement ne le prévoit.

Et il n’y a qu’à regarder le budget sous un angle différent pour comprendre que les services publics vont faire eau de toutes parts.

Les hôpitaux vont voir leur budget augmenter de 1,5 %, ce qui, dans un contexte où leurs coûts grimpent à un rythme beaucoup plus rapide, va se traduire par une réduction du nombre des interventions et une augmentation des temps d’attente.

Les universités se font dire de se préparer à recevoir 20 000 étudiants ontariens de plus, et le double des étudiants étrangers alors qu’on leur verse des sommes dérisoires pour de nouveaux édifices et rien du tout pour des nouveaux professeurs. Le résultat est prévisible, des classes surpeuplées au premier cycle dont les étudiants font déjà les frais au plan de la qualité de l’enseignement.

Le Grand Toronto, la zone urbaine la plus importante du pays, a un métro vétuste dans lequel aucune somme importante n’a été investie depuis des décennies. Le nouveau budget coupe 4 milliards $ qui devaient être investis dans un plan à long terme pour développer les transports rapides. Un réseau qui ne parvient pas à suivre la croissance de la population qu’il dessert est voué à la régression.

En d’autres termes, l’effondrement de l’Ontario va se poursuivre, sans éveiller la moindre sympathie ailleurs au pays. Les répercussions, elles, vont se faire ressentir à travers tout le pays. »

Songez-y ! En quelques lignes bien fournies en épithètes péjoratives généralement réservées au Québec, Simpson sonne le glas non seulement de l’Ontario, mais aussi du Canada.

[…]

L’effondrement de l’Ontario place le Canada dans la situation d’avoir à dépendre essentiellement, comme il y a cinquante ans, de ses matières premières pour la création de richesse et la redistribution. Cependant, les besoins sont infiniment plus grands aujourd’hui qu’ils ne l’étaient alors, ce qui le place dans une position très précaire.

Ainsi, pour ne prendre que l’exemple du pétrole, tout ralentissement de la demande mondiale aurait immédiatement pour effet de plonger le Canada en situation de crise, dans la mesure où le seuil de rentabilité du pétrole qu’il tire en plus grande partie des sables bitumineux de l’Alberta est très élevé (aux alentours de 70 $ le baril).

Or tous les indicateurs mondiaux annoncent désormais un ralentissement important de l’activité économique, et il est donc tout à fait raisonnable de penser que le prix du pétrole va baisser au niveau du seuil canadien de rentabilité, et peut-être même en deçà, comme ce fut le cas lors de la dernière crise financière. On se souviendra que le prix du pétrole avait atteint un creux de 33,87 $ US le 21 décembre 2008. »

Si la crise budgétaire ontarienne semble avoir tardé à se manifester plus tôt, c’est que les mesures d’assouplissement quantitatif prises par les grandes banques centrales depuis lors ont retardé le moment fatidique en permettant à l’Ontario, comme d’ailleurs à tous les gouvernements, de se financer à des coûts très bas et en empêchant que leur dette n’explose par le jeu des taux d’intérêt.

Mais la décision de la FED de mettre fin à sa politique d’assouplissement quantitatif devant son échec avéré à relancer la croissance économique et la menace qu’elle fait peser sur la survie des marchés financiers en raison de la déconnexion qu’elle provoque entre les fondamentaux de l’économie et la valorisation des titres ramène à l’avant-scène les difficultés financières des gouvernements.

L’argent va devenir rare et cher, et l’Ontario est en très mauvaise posture, encore pire que celle du Québec, comme nous le rappelle opportunément l’étude de l’Université de Calgary. Sous ses conclusions en apparence neutres se cache un énorme bras de fer entre l’Alberta et l’Ontario pour le contrôle de l’agenda politique au Canada.

Notons au départ que cette étude émane de l’Alberta, une province dont l’élite universitaire ne s’est pas distinguée jusqu’ici sur le plan de sa participation aux grands débats nationaux. Ses deux sujets de prédilection, la propriété des richesses naturelles et le sénat triple E, l’intéressent exclusivement dans l’optique des intérêts de l’Alberta, et c’est donc dans l’optique de ces intérêts qu’il faut interpréter son incursion dans le débat sur le redressement des finances publiques de l’Ontario et du Québec.

Notons aussi que ce genre d’étude émane généralement d’organismes au service ou à la solde d’Ottawa comme l’Institut CD Howe, l’Institut Pembina, le Conference Board ou autres. Elle n’est donc pas téléguidée par l’establishment fédéraliste canadien, et aucun de ces organismes n’aurait jamais produit une telle étude qui va à l’encontre de ses intérêts et qui met en relief des informations que sa propre narration s’efforce d’occulter.

Si son analyse se penche sur le cas de l’Ontario et du Québec, c’est que ce sont les deux provinces qui vont s’accaparer dans les années à venir le gros des paiements de péréquation, et que c’est l’Alberta qui va être appelée à fournir le plus gros de l’effort pour en assurer le financement via ses revenus pétroliers.

Or aussi importants soient ces revenus, ils ne sont pas comparables en profondeur et en solidité à ceux que l’Ontario tirait encore il y a quelques années de sa puissance manufacturière et qui avaient permis au Canada, pendant quelques décennies, d’échapper à la tyrannie de l’évolution cyclique des revenus de l’exploitation des richesses naturelles.

L’Alberta craint donc de voir son propre élan de développement économique brisé par des responsabilités financières trop lourdes à l’endroit du reste du Canada, d’où son désir entre autres d’abolir la péréquation. Et elle craint surtout de se faire imposer un agenda qui ne correspondra pas au sien. Les Albertains sont habités encore aujourd’hui par la hantise du fameux Programme énergétique national mis en place par Pierre-Elliott Trudeau à la fin des années 1970 en réaction à l’augmentation en flèche des prix du pétrole sur les marchés mondiaux.

Le premier ministre de cette province à l’époque, Peter Lougheed, avait été jusqu’à ordonner la fermeture des puits de pétrole de sa province pour contrer les visées fédérales, et cet épisode avait été à l’origine de la relation particulière qui s’était établie entre le Québec et l’Alberta.

Aujourd’hui, devant les nuages qui s’accumulent à l’horizon économique, et face à la possibilité que les Conservateurs de Harper perdent le pouvoir ou soient tentés de sacrifier les intérêts de l’Alberta pour être réélus, les promoteurs de l’Alberta Agenda, un manifeste ultra conservateur lancé en 2001 sous la signature entre autres de Stephen Harper, Tom Flanagan et Ted Morton, qui forment un lobby politiquement très influent sous l’aura prestigieuse de l’Université de Calgary, servent un coup de semonce à tout le Canada.

Si Stephen Harper n’a guère besoin de présentation vu ses fonctions de premier ministre du Canada, il n’en va pas de même des deux autres. Flanagan et Morton sont deux universitaires américains établis au Canada de longue date. Ils entretiennent depuis longtemps des liens très étroits avec l’industrie pétrolière et les milieux politiques albertains. Flanagan a été conseiller politique de Stephen Harper, et Ted Morton a été ministre des Ressources naturelles de l’Alberta.

Devenu premier ministre du Canada, Stephen Harper a dû élargir sa perspective, et s’il continue de se prétendre décentralisateur, les réalités politiques canadiennes l’ont obligé à prendre ses distances avec l’Agenda de l’Alberta. Harper sait aussi qu’il va avoir besoin de l’Ontario pour être réélu, comme je le soulignais dans une chronique récente. C’est ce qui explique sans l’ombre d’un doute la relance du projet de commission nationale des valeurs mobilières à laquelle nous avons assisté cette semaine.

Mais s’il ravit l’élite des affaires concentrée dans quelques comtés huppés de Toronto, il ne peut suffire à attirer aux Conservateurs le nombre de sièges requis dans cette province pour former un gouvernement majoritaire. Il va lui falloir autre chose (comme le plan que j’évoquais dans ma chroniquer du 22 juin dernier), et le coup de semonce de Calgary constitue un signe que les Albertains redoutent d’être sacrifiés sur l’autel des ambitions politiques de Harper sur fond d’urgence économique nationale, comme ils l’avaient été par Trudeau dans les années 1970.

Dans cette affaire, les intérêts de l’Alberta et du Québec sont objectivement identiques. L’enjeu, c’est le contrôle de leurs richesses naturelles. Cette communauté d’intérêts explique pourquoi l’analyse de la School of Public Policy rendue publique il y a une dizaine de jours ménage le Québec en concentrant son tir sur l’Ontario, perçue comme la responsable de la « dérive canadienne » de Harper.

Mais si Peter Lougheed avait pu se trouver un allié en René Lévesque pour la défense des droits des provinces, il n’est pas du tout certain que Philippe Couillard a autant à coeur les intérêts du Québec que ne les avait René Lévesque. Il y a même tout lieu de craindre le contraire.

Couillard est un Canadien, René Lévesque était un Québécois. Couillard est personnellement vulnérable (Arabie Saoudite, CUSM, etc.), et Ottawa dispose de tous les leviers et de toutes les informations pour le confondre, alors que René Lévesque ne l’était pas. Couillard va suivre les ordres d’Ottawa et de l’Empire Desmarais, et tant pis pour le contrôle de nos richesses naturelles.

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