La cause première de l’échec de la démocratie relève de l’affirmation que l’acc ès à la vérité est impossible | Blog de ROBERT MICHIT

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

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La cause première de l’échec de la démocratie relève de l’affirmation que l’accès à la vérité est impossible

1 La Grèce et la promesse originelle
1.1 La démocratie apparaît dans le cadre de la citoyenneté des cités grecques comme moyen de la gouvernance

Étonnement : comment se fait-il que la démocratie naisse en Grèce ?
Comment se fait-il en effet que les grecs mettent peu à peu en œuvre le mode démocratique comme le mode de gouvernance de leurs cités conçues comme des républiques ?
1. Est-ce le fait que les cités helléniques sont de petites cités ? Il ne semble pas, car il existe quantité de petites cités dirigées par des rois ou des chefs ayant concentré le pouvoir sur une personne et sur la loi du plus fort.
2. Est-ce le fait de citoyens qui ont une qualité de relation particulière entre eux et au groupe ? On ne peut pas admettre que ce soit leur qualité relationnelle qui constitue une différence spécifique car quantité de groupes humains qui ont établi des relations de solidarité et de prise en compte de la chose publique présentent les mêmes caractéristiques. Les tributs israélites après le retour de l’esclavage en sont un exemple mythique, les tribus vivant dans la précarité naturelle ayant institué la gouvernance du groupe en chefferie telles qu’on les trouve en Afrique comme dans les deux Amériques (Nord et latine) en sont des exemples de gouvernance particulièrement efficace, les communautés monastiques du moyen-âge qui perdurent encore de nos jours mettent en exergue toutes les composantes de l’autorité comme service.
3. Est-ce le fait que les citoyens supposent notamment une soumission étonnante à la loi qui semble l’incontournable de la stabilité du système républicain démocratique ? Socrate est présenté par Platon comme l’exemple type de ce citoyen. Son acceptation du jugement de ses concitoyens qui le jugent comme un imposteur mettant dans la jeunesse le venin de l’irrespect est très significatif de ce rapport à la loi. En énonçant que toute fuite de la loi support du jugement des sages, n’empêcherait pas cette loi de le rejoindre partout où il irait, il accepte un rapport à la loi fondatrice du rapport entre les citoyens. Il est alors illusoire de fuir la loi sociale. Ce rapport à la loi sociale n’est pas unique, là encore, pour rendre compte de l’unicité spécifique de la gouvernance d’un groupe par la pratique démocratique. D’autres peuples mettent en évidence l’incontournable de la loi sociale pour fonder un peuple dans la solidarité et une gouvernance dans son ordonnancement. On peut faire référence sur ce point une fois encore à la gouvernance d’Israël de ce temps-là ou de Rome un peu plus tard et à l’importance de la tradition qui fait force de loi dans les tribus d’Afrique et des peuples indigènes des deux Amériques.
4. Comment donc les grecs ont pu en arriver à la conception de ce type de gouvernance ? Il est intéressant de constater que c’est le seul peuple méditerranéen à construire leurs relations à la nature et entre eux sans référence à une vérité révélée provenant d’un dieu ou d’un être inspiré. Cette unicité de leur expérience humaine pourrait alors bien être le fondement de la démocratie comme mode de gouvernance. Si tel est le cas, il est important de découvrir qu’est-ce que cette expérience unique a pu avoir comme effet, et en particulier quels principes incontournables elle a été conduite à définir pour accéder à la démocratie.
L’étude de ce peuple sans vérité révélée montre que trois principes principaux le constituent.
* le premier principe: l’autorité est partagée.
Comme il n’y a pas une autorité divine ou comme l’autorité d’un inspiré originel n’existe pas, ces autorités uniques qui donnent des tables de la loi (Moïse) et des manières de fonctionner en société et dans la vie privé (Boudha Confucius, Mahomet)), n’étant pas, alors leur expérience de la vie en groupe met en évidence qu’il ne peut pas y avoir une autorité unique et indivisible incarnée dans une personne choisie par la divinité. Dans ces conditions, si l’autorité n’est pas une et ne peut pas être concentrée en une personne, alors l’autorité est nécessairement partagée entre les humains qui ne sont pas soumis à la volonté divine ou à la volonté d’un seul.
* le deuxième principe : la découverte de lois structurant la nature et la vie en groupe.
Comme il n’y a pas d’explication du monde par une révélation, l’observation de la nature et de la réalité des attitudes humaines sont les seules sources de la pensée. Par un tour de force unique dans toutes les civilisations ( Wismann 2012) les grecs vont énoncer le postulat de l’Un permettant de ramener le multiple des observations à l’Un. Les observations sont multiples et le travail de la théorie conduit à découvrir qu’au-delà des apparences sensorielles. La nature est déterminée par des lois indépendantes d’une volonté divine qui constituent l’unité des phénomènes (d’où l’extraordinaires production mathématique de ses philosophes Thalès, Pythagore, Archimède…). Ainsi la quête de ce qui est caché et qui structure le réel produit l’étonnement de l’observation et la curiosité pour comprendre – stimulant la découverte des lois cachées à la première observation (Euréka : j’ai trouvé). Cet intérêt à la recherche de ce qui n’est pas une évidence, constitue une manière de concevoir les rapports humains en fonction de lois qui gèrent l’éco-nomie (oikos « maison »- nomia « loi ») quotidienne. Le travail d’Aristote autour de la monnaie découvrant une loi juste pour rétribuer les échanges commerciaux est un aboutissement de cette quête des lois qui ne sont plus simplement celles de la nature mais aussi des lois de justice qui gouvernent les relations entre citoyens.
Troisième principe : la quête de la vérité.
Ainsi, le postulat de l’Un que seuls les grecs ont fait, leur a donné la possibilité d’accéder à la vérité (alêthea) permettant de distinguer les réalités sensibles ou fictives ( pseudea), des réalités vrais (alêthea). Cette posture de chercheur de la vérité est à l’origine de tout ce qui sera la quête de l’émergence de ce qui est caché et qui peut faire unité en libérant des représentations subjectives. C’est la condition d’un gouvernement démocratique qui n’aura pas à rechercher un consensus entre les partis puisque l’accord se fait sur la découverte de la vérité d’une réalité qui n’est autre que la découverte de la loi de situation cachée sous les apparences.
Même si cette position de chercheur de lois aura des difficultés à trouver une autonomie totale au regard de la cartomancie et des oracles de Delphes, les grecs à la suite d’Hésiode et Platon vont tenter de réaliser ce projet.
Le « Connais-toi toi-même » est un appel à cette quête de la vérité sur soi et de soi qui s’impose à tout homme.
Cette quête de la vérité, qui n’est autre que la quête des lois structurant la nature non humaine comme la nature humaine, sera présente dans le jugement des sages et des citoyens qui édictent les règles de gouvernance.
2 L’accès à la vérité condition nécessaire de la démocratie

Si la démocratie naît chez le peuple qui n’a pas créé et construit une révélation divine qui l’obligera et chez un peuple qui ne se soumet pas à l’inspiration d’un chaman ou d’un humain, alors nous faisons l’hypothèse que les trois principes qui découlent de cette position sont incontournables pour accéder à la gouvernance d’un peuple par la démocratie. Il s’en suit que seule une acceptation de ces trois principes peut assurer à un peuple que la promesse qu’il puisse se gouverner démocratiquement se réalise concrètement et devienne possible. En effet, avec ces principes intégrés, il ne sera pas gouverné pas l’instabilité émotionnelle des gouvernants, par leurs certitudes idéologique et par leurs représentations subjectives:
1. Le partage de l’exercice de l’autorité limite les effets de l’ambition individuelle.
2. Des lois universelles structurent et déterminent les relations humaines
3. La quête de la vérité donne un système de stabilité dans les représentations de la nature et de la situation en humanité.
Dans ces conditions, alors, il suffirait qu’un seul de ces trois principes n’organise pas la pensée, et la volonté d’un gouvernant ou d’un peuple pour que la démocratie soit impossible à advenir ou à se maintenir ; et si, malgré cette impossibilité structurelle, elle était proclamée et recherchée comme le type de gouvernance idéal, la démarche démocratique ainsi imposée deviendrait le lieu des conflits les plus fratricides et le socle de l’anarchie grosse de toute les guerres civiles.

3 La démocratie occidentale est une imposture

Ayant fondé philosophiquement l’impossible accès à la vérité, la démocratie occidentale devient une gageure et une imposture, sa gouvernance ne produit pas la paix mais le conflit et la perte d’identité et ainsi conduit à sa perte.
3.1. En effet si l’accès à la vérité n’existe pas comment se mettre d’accord pour envisager une vie commune ?
Si la représentation est le seul moyen de connaissance et si l’énoncé de loi n’est qu’une représentation dépendant du point de vue de leur auteur, il va s’en suivre que la découverte de la vérité ne peut pas être possible.
Si la connaissance exacte d’un objet ou d’un événement n’est plus accessible, alors seuls les échanges des représentations subjectives peuvent tenter une approche de la réalité. Cependant cette dernière n’aura aucun pouvoir discriminant la pensée ou la représentation la plus juste. Les humains seront assujettis à leurs représentations ou à une représentation communément acceptée sans qu’aucune autorité, extérieure à leur subjectivité, ne vienne apporter le sceau de l’exactitude.
Dans ces conditions, les humains sont livrés à respecter des règles qu’ils se sont fixés pour déterminer la fin d’un échange de représentations. Pour vivre ensemble ils doivent définir une éthique communicationnelle. Mais cette éthique ne peut être universelle et va dépendre de chaque groupe. Rien ne peut donc assurer des échanges paisibles, ils sont toujours à pré déterminer par un accord sur les modalités de communication permettant de définir le moment où la connaissance partagée satisfait l’ensemble des communicants.
Ainsi, on voit se développer des incantations au dialogue, à la pédagogie. Les essais pour sortir de l’impasse insiste sur l’éthique communicationnelle de Habermas par exemple, ou sur l’importance accordé à la nécessité de ne pas être d’accord en respectant l’autre et donc à la valorisation de l’affrontement et du conflit. Ces règles permettraient de faire avancer le vivre ensemble en restant dans le cadre du respect. Sauf que tout montre aujourd’hui que ces essais ne fonctionnent pas car tout simplement c’est impossible ; à un moment donné l’autorité de contrainte s’établira dans une majorité si on se départage par des élections. Inexorablement la contrainte sera attribuée à une subjectivité qui n’a aucun droit de contrainte si elle s’applique à elle-même le respect de la pensée ou de la pratique des minorités.
En d’autres termes, si seul l’échange d’opinions ou de point de vue constitue l’accès à la connaissance, celle-ci est subjective, elle ne peut être exacte, objective et vraie. Dans cette conception, il n’existe pas de critère universel permettant de départager deux avis : le conflit est structurel car l’accord sur les règles communicationnelles d’arrêt d’une connaissance partagée ne répond à aucun critère d’externalité ; le rapport de force des statuts de ceux qui portent leurs opinions devient primordial. Quelque ce soit le respect de l’autre, il y aura toujours une part de la connaissance acquise qui devra être renoncée ou perdue produisant ainsi une frustration de soumission à une subjectivité.

La conséquence est inéluctable : toute relation ne peut être que des relations de conflits de pouvoir. Les tentatives de créer du consensus prônés dans toutes les médiations produisent des conflits encore plus violents. En effet, faire des consensus conduit à accepter des compromis ; ces derniers relèvent tous peu à peu de la compromission au regard de la perte qu’ils imposent d’une partie de ses convictions pour faire un pas vers l’autre. Or, cette part des convictions à renoncer relève de croyances subjectives qui sont le socle des identités sociales. Les démarches de consensus sociaux sont à l’origine des conflits de défenses identitaires que l’on observe dans tous les après élections. Chez les plus nantis, les perdants se consacrent à structurer la résistance dans le but de gagner à la prochaine élection. Pour le vainqueur, il perd vite la notoriété qui l’a conduit au pouvoir car la réalité qu’il va rencontrer va le contraindre à ne pas tenir ses promesses électorales.
En conséquence la démocratie fondée sur la remise en cause de l’accès à la vérité crée le conflit
4 La démocratie n’est possible que si l’on revient sur le postulat sans fondement relatif à la quête de la vérité.

Tout montre que la recherche de la vérité est le seul moyen pour établir une gouvernance des peuples qui soit dirigée par la contrainte de la loi de situation connue indépendamment des opinions et des idéologies des partenaires.
Par contre cette gouvernance impose de mettre en œuvre des pratiques appropriée à la quête de ce qui peut demeurer caché à l’investigation, des pratiques qui permettent de lever le voile.
Dans le cas où sont mis en pratique les méthodes méticuleuses d’atteinte de la réalité par une représentation exacte ou la plus juste de la réalité se rapprochant le plus de sa structure et de son fonctionnement, alors on peut imaginer des gouvernements de sages et d’experts qui aident les peuples à se dégager de leur représentations sociales et d’accéder à la liberté de leur croyance ce que Condorcet espérait par l’éducation nationale. Son projet a échoué car pour que réussisse le projet de la quête de la vérité, il ne faut pas seulement développer le système de connaissance mais il faut aussi renforcer les forces psychiques à vivre comme un humain acceptant les deux fonctions (de contrainte et de service Michit R. Comon T. 2014 ) des lois universelles de sa nature biologique, de sa nature grégaire et de sa nature sociale au sein d’une société et de ses contraintes. La formulation des droits et devoirs des citoyens n’a pas servi le projet d’appel à la liberté.

A suivre…..prochain textes
1. la fonction de la liberté d’expression comme création de l’individualisme et de l’attisement des conflits. et la perte d’identité individuelle.
2. la déclaration des droits et devoirs des citoyens a réduit les forces psychiques à vivre en société.

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