Le fisc est plus gourmand qu’il y a 50 ans | Stéphanie Grammond | Stéphanie Grammond

Tenez-vous bien, la facture fiscale de la famille canadienne a grimpé de 1832% depuis 1961! C’est presque trois fois le taux d’inflation tel que mesuré par l’indice des prix à la consommation, lequel a augmenté de 682% durant la même période.

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire, du système économique monétaire capitaliste oligarchique et du système administratif bureaucratique hiérarchique.

http://affaires.lapresse.ca/opinions/chroniques/stephanie-grammond/201408/13/01-4791330-le-fisc-est-plus-gourmand-quil-y-a-50-ans.php

Le fisc est plus gourmand qu’il y a 50 ans

«Let me tell you how it will be. There’s one for you, nineteen for me. Cos I’m the taxman, yeah, I’m the taxman.»

Vous vous souvenez de cette chanson composée dans les années 60 par les Beatles pour dénoncer la lourdeur des taxes imposées par le gouvernement travailliste?

Eh bien, il semble que les choses ne se soient pas arrangées depuis 50 ans. Une étude diffusée hier par l’Institut Fraser démontre que le fardeau fiscal est plus élevé aujourd’hui qu’au début des années 60.

La famille moyenne qui gagnait 77 381$ en 2013 a versé 32 369$ en taxes et impôts de toutes sortes, ce qui représentait 42% de son budget, contre seulement 34% en 1961.

Et ce n’est rien. Le fardeau fiscal est plus lourd au Québec que dans les autres provinces.

Imaginez un peu: les Québécois ont dû travailler jusqu’au 14 juin pour satisfaire le «Taxman», conservant uniquement leurs gains des six derniers mois et demi de l’année. En Alberta, où le fisc est le moins gourmand, le «Tax Freedom Day», comme l’a baptisé l’Institut Fraser, survient environ un mois plus tôt, soit le 23 mai.

Si le fardeau fiscal s’est alourdi depuis 50 ans, c’est que les contribuables reçoivent plus de services en échange de leurs impôts.

Avant 1966, il n’y avait pas de Régie des rentes du Québec. Sans épargne-retraite, les aînés se retrouvaient à la charge de leur famille ou de l’Église. Avant 1970, il n’y avait pas de carte d’assurance maladie. Bonne chance pour se faire soigner. Avant 1997, il n’y avait pas d’assurance médicaments, pas de garderie à 5$ au Québec.

Personne n’a envie de revenir en arrière. Reste à savoir si les contribuables en ont vraiment pour leur argent avec les services financés à même leurs impôts. Large question.

Mais une chose est sûre. L’impôt est devenu le plus important poste budgétaire des familles canadiennes quand on considère tous les prélèvements directs ou indirects auxquels font face les contribuables: impôt sur le revenu, contributions prélevées à même leur chèque de paie, taxe santé, impôt foncier, taxes de vente, taxes sur l’alcool, sur l’essence, et j’en passe!

En additionnant toutes ces ponctions plus ou moins apparentes, on réalise que les taxes ont augmenté beaucoup plus vite que n’importe laquelle des autres dépenses des ménages depuis 50 ans.

Tenez-vous bien, la facture fiscale de la famille canadienne a grimpé de 1832% depuis 1961! C’est presque trois fois le taux d’inflation tel que mesuré par l’indice des prix à la consommation, lequel a augmenté de 682% durant la même période.

Désormais, la famille canadienne verse davantage d’argent en taxes et en impôts (42%) qu’elle en consacre à ses dépenses de base, soit le logement, la nourriture et les vêtements, qui représentent 36% de ses revenus.

Dans les années 60, c’était plutôt l’inverse. La famille moyenne, qui gagnait 5000$ par an, laissait 1675$ au fisc, soit 34% de ses revenus, tandis que les dépenses de base accaparaient 57% de son budget.

À la lumière de ces chiffres, on pourrait conclure que les familles d’aujourd’hui ont quand même plus de flexibilité financière que celles des années 60. En soustrayant l’impôt et les dépenses de base, il leur reste aujourd’hui 22% de leurs revenus à consacrer à des achats discrétionnaires, contre seulement 9% en 1961.

Si les familles ont plus de moyens, c’est notamment parce qu’elles travaillent plus. Dans les années 60, la participation des femmes au marché du travail était très limitée, tandis qu’aujourd’hui, un grand nombre de familles comptent sur deux revenus.

Ainsi, les revenus des familles ont augmenté deux fois plus vite (+ 1448%) que leurs dépenses en nourriture et en vêtements.

Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas toutes sortes d’autres dépenses qui compriment le budget des familles canadiennes, comme les coûts de l’éducation postsecondaire ou le financement de la retraite.

D’ailleurs, la génération sandwich craint fort de manquer d’argent pour ses vieux jours, selon un sondage diffusé hier par BMO Nesbitt Burns. La génération des 45-64 ans, qui doit à la fois s’occuper de ses enfants et de ses parents vieillissants, estime qu’il lui manque 560 000$ pour atteindre ses objectifs de retraite.

En ces temps de rigueur budgétaire, ils ne doivent pas trop compter sur des baisses d’impôt pour les aider à rattraper le temps perdu.

Évolution du budget des Canadiens depuis 1961

Impôts et taxes: + 1832%

Revenu familial: + 1448%

Logement: + 1375%

Prix à la consommation: + 682%

Vêtements: + 620%

Nourriture: + 546%

1961

Fardeau fiscal : 34%

Logement : 23%

Nourriture : 25%

Vêtements : 9%

Dépenses discrétionnaires : 9%

Source : Institut Fraser

2013

Fardeau fiscal : 42%

Logement : 22%

Nourriture : 10%

Vêtements : 4%

Dépenses discrétionnaires : 22%

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