A partir d’aujourd’hui, les Terriens vivent à crédit – Libération

Échec du système industriel capitaliste, du système économique monétaire oligarchique, du système gouvernemental politique représentatif totalitaire et du système juridique législatif bureaucratique déshumanisé.

http://www.liberation.fr/terre/2014/08/19/la-planete-en-etat-de-banqueroute-environnementale_1083110

A partir d’aujourd’hui, les Terriens vivent à crédit

Le lac Mead, au sud-ouest des Etats-Unis. «Aujourd’hui, 86% de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler», note l'ONG WWF.

La «dette écologique se creuse». Cette année, il n’aura fallu que 231 jours à la planète pour épuiser l’équivalent des ressources naturelles qu’elle peut produire en un an sans compromettre leur renouvellement. A partir d’aujourd’hui, mardi 19 août, la population mondiale vit officiellement au dessus de ses moyens écologiques. Et doit donc finir l’année «à crédit», selon l’ONG Footprint Network, qui calcule chaque année ce «jour du dépassement».Et après ? «Notre consommation résultera en un déficit écologique croissant qui puisera dans les stocks de ressources naturelles et augmentera l’accumulation du CO2 dans l’atmosphère», précise l’association basée aux Etats-Unis. Une sacrée ardoise pour les générations futures qui hériteront aussi de la dette publique mondiale, soit plus de 100 000 milliards de dollars (75 000 milliards d’euros).

De quelles ressources parle-t-on ?

Le calcul prend essentiellement en compte la consommation de matières premières agricoles et des produits issus de la mer et de la forêt, ainsi que la capacité de la planète à absorber le CO2 et les déchets produits. «Les ressources halieutiques illustrent bien ce qui se passe, explique à Libération Diane Simiu, directrice des programmes de conservation du WWF France. La pêche mondiale n’est pas durable. Elle dépasse largement la capacité des poissons à se renouveler. Les bateaux vont de plus en plus loin et pêchent des poissons de plus en plus petits qui n’ont pas le temps de se reproduire. Aujourd’hui, 90% des stocks des populations de poissons sont exploités à leur maximum, dont 30% sont surexploités.»

L’huile de palme, responsable de la déforestation, est aussi dans le viseur des associations environnementales. «En achetant de l’huile de palme produite dans les pays comme l’Indonésie, premier producteur mondial, les pays riches comme la France, exportent une partie de leur empreinte écologique. Un produit sur dix en contient dans les magasins français. Résultat : un million d’hectares de forêts indonésiennes disparaissent chaque année, et l’Indonésie est le troisième pays en terme d’émission de gaz à effet de serre, ce qui est très disproportionné par rapport à sa population», poursuit Diane Simiu.

La logique est la même pour le soja acheté au Brésil ou en Argentine qui a connu une très forte croissance au niveau mondial. Pour preuve, «ces dernières années, le taux de déforestation suit de très près évolution du cours du soja».

Comment évolue cette «dette écologique» ?

L’humanité dilapide de plus en plus vite ses ressources. Chaque année, le «jour du dépassement» gagne du terrain sur le calendrier. «Trois jours par an en moyenne», souligne la responsable WWF. En 1993, la population mondiale avait attendu le 21 octobre avant d’exploser son «budget écologique». En 2003, un mois supplémentaire était grignoté, l’échéance tombant le 22 septembre en 2003. L’an dernier, comme en 2012 et 2010, le déficit courrait dès le mois d’août (le 20 août 2013).

Depuis les années 70, période d’«entrée en situation de dette écologique», la situation a empiré. En cause, l’augmentation de la population et de la consommation mondiale. Elle s’est aussi diffusée à tous les continents. «Aujourd’hui, 86% de la population mondiale vit dans des pays qui demandent plus à la nature que ce que leurs propres écosystèmes peuvent renouveler», note WWF. Mais tous les pays ne sont pas au même niveau. «L’empreinte environnementale est cinq fois plus importante dans les pays riches. Entre le Koweit et le Kenya, le facteur est de dix», précise Diane Simiu.

La situation peut-elle s’améliorer ?

A modèle de développement constant, rien ne semble pouvoir arrêter la tendance. A moins d’augmenter les ressources ou la taille de la planète… Global Footprint Network a fait le calcul, il faudrait une planète et demie pour produire les ressources écologiques renouvelables nécessaires à l’humanité, à empreinte écologique inchangée. Pour les ONG de protection de l’environnement, une seule alternative est envisageable : l’utilisation durable des ressources. «Nous pouvons encore prendre des mesures audacieuses et construire un avenir prospère. Mais il faut agir maintenant», estime Diane Simiu. Pour s’attaquer au problème, l’association propose plusieurs pistes : développer les énergies renouvelables, les régimes alimentaires moins riches en viande ou encore le recyclage et l’économie circulaire.«Tout le monde a un rôle à jouer. L’Etat en investissant dans les énergies vertes. Les consommateurs en achetant des produits labellisés. Mais aussi les entreprises en travaillant avec leurs fournisseurs pour s’assurer de la soutenabilité des matières premières», conclut la responsable WWF.

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