La «Banque» Desjardins et sa petite morale | Le blogue de Léo-Paul Lauzon

Échec du système économique monétaire capitaliste oligarchique, du système gouvernemental politique représentatif totalitaire et du système juridique et législatif bureaucratiques déshumanisés.

.
http://blogues.journaldemontreal.com/lauzon/politique/la-banque-desjardins-et-sa-petite-morale/

La «Banque» Desjardins et sa petite morale

Vous êtes pas tannés de faire rire de vous autres?
Aie, ça va faire de nous faire faire la morale par des arnaqueurs! Oui, j’ai bien dit arnaqueur et seulement arnaqueur, pour rester poli. Des banques canadienne qui réalisent des profits records qui se chiffrent en milliards, incluant la Banque Desjardins, à chaque année, des banquiers qui se versent des milliard en rémunération et qui s’octroient des régimes de retraite qui donnent droit à des pensions annuelles d’un million de dollars et plus chaque année, des banques qui détournent des milliards de profits et d’impôts tous les ans dans les paradis fiscaux et qui en paient peu ici même au Québec et au Canada. Voilà pour les faits et la vérité.

Pas plus tard que le 22 août 2014, on pouvait lire dans La Presse que: «Les banques canadiennes en Bourse. Des performances étincelantes». Et le 13 août 2014, ce titre d’article de journal : «Desjardins connaît le meilleur trimestre de son histoire». Et le 1er février 2013, Le Devoir titrait: «Le secteur financier est sous-taxé selon le FMI». Croyez-moi, le Fonds monétaire international est reconnu pour porter très à droite. Et il y a aussi cet autre article de La Presse du 11 décembre 2012 intitulé : «Banques canadiennes. 10 milliards en bonis salariaux», aux dirigeants bien évidemment. Bravo pour les profits et les salaires des patrons «étincelants» pour ne pas dire électriques et même électroniques. Et ce sont ces mêmes banques donneuses de leçon, qui même avec des bénéfices records tous les ans, font venir au pays des travailleurs étrangers pour «économiser», tout en congédiant cavalièrement leurs employés canadiens et qui ne paient pas leurs employés pour leurs heures supplémentaires. À cet effet, quelques banques canadiennes font actuellement l’objet de recours collectifs. Faut que j’arrête, car même si j’ose soulever ces gestes abominables, je vais encore passer pour un dangereux extrémiste radical.

S’acharner quand même sur le monde ordinaire
Pendant que les compagnies et les banques canadienne nagent et pataugent dans la grosse argent et que les patrons se paient des millions en salaires chaque année, très peu imposés, car versés en options d’achats d’actions, le ministre fédéral de l’Emploi du gouvernement conservateur de Stephen Harper, que l’on ne peut pas qualifier de marxiste-léniniste, nous dit que:« Le rêve canadien n’est rien de plus qu’un mythe et la classe moyenne du pays doit hypothéquer son avenir pour se maintenir à flot» tel que rédigé au début de l’article de la Presse du 24 février 2014 intitulé : «Étude. La classe moyenne vulnérable». La classe moyenne qui se tient à flot c’est trop pour le patronat. Mieux vaut la caler.

Et puis l’OCDE (Organisme de coopération et de développement économique) qui a mentionné récemment que: «Le Canada est l’un des pays développés où les fruits de la croissance ont été le plus accaparés par les riches depuis 30 ans» (Le Devoir, 1er mai 2014). Et il y a même l’organisme patronale canadien de recherche du Conference Board qui a affirmé ce qui suit: «Les inégalités de revenu progressent plus vite au Canada qu’aux États-Unis» (Le Devoir, 14 septembre 2011). Pour le 1% ce sont de très bonnes nouvelles et faut que ça continue comme ça. Couillard et Harper vont y voir.

Même devant les faits incontestables de l’appauvrissement de la classe moyenne et du travailleur ordinaire au Québec et au Canada et de l’enrichissement démesuré de la caste dominante, par pur intérêt égoïste, les privilégiés en veulent plus. Et pour en avoir toujours plus, faut évidemment taper encore plus sur le monde ordinaire et les démunis. Et les politiciens se font docilement les mercenaires des gras durs en les détaxant, en privatisant les services publics, en tarifiant les services moribonds qui restent au nom du lâche principe de l’utilisateurs-payeurs, en augmentant les taxes régressives et inéquitables à la consommation et en feignant hypocritement juguler l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux. Demandez-vous donc pourquoi le patronat et ses camelots universitaires veulent hausser les taxes à la consommation et réduire les impôts sur le revenu et sur les capitaux. Ce n’est pas ce que la population veut, mais ils en ont rien à cirer des doléances du bon peuple docile. Même que la majorité des Canadiens sont pour hausser les impôts des compagnies afin d’investir dans les services publics. Mais quelles idées farfelue et saugrenue.

Desjardins et les banques, du pareil au même
En pleine période de profits et de rémunérations records des compagnies, des banques et de leurs dirigeants, en 2009, la Banque Toronto-Dominion qui vient nous dire:« Les Québécois devront faire des sacrifices» (La Presse, 2 septembre 2009). Pas grave si on les appauvrit encore davantage. Le monde ordinaire, faute de moyens et de ressources, est capable d’en prendre et doit en prendre. Après les sacrifices dictés en 2009 par la Banque Toronto-Dominion à la population, les naïfs croyaient peut-être enfin en 2014 pouvoir goûter un peu au partage de la richesse. Et ben non, voilà que la Banque québécoise Desjardins vient de nous ramener à l’ordre en disant: «Modestie, les mots-clés de l’avenir. Les Canadiens doivent réduire leurs attentes, selon Desjardins» (Le Devoir, 21 août 2014). Si je comprends bien, faudra continuer à faire des sacrifices et à tempérer nos ardeurs en n’harcelant point les employeurs afin de vouloir faire juste un peu de rattrapage salarial. Modestie mon œil et mon orteil. En 2014, les compagnies canadiennes n’ont jamais eu tant de liquidités et n’ont jamais été si peu endettées. Mais ce cash réservé uniquement aux actionnaires et aux patrons. Avis aux autres, pas touche à ça. Et le 26 août 2014, le Journal de Montréal titrait: «Nouvelle séance record à la Bourse de Toronto». Pas de modestie pour les détenteurs de capitaux itou. Mais modestie pour qui au juste?
Cé vraiment la boutte du boutte et ça s’assimile à du mépris et à de l’exploitation de la part des affairistes. C’est comme si je dirais à ma fille d’arrêter de sacrer alors que je suis moi-même porté sur le juron ou l’autre qui dirait à ses enfants d’arrêter de fumer ou de boire alors qu’il fume lui-même comme une cheminée et qu’il boit comme un trou.

On a vraiment l’impression d’entendre des petits faiseux parler à leurs sujets que nous sommes du haut de leur condescendance, de leur prétention et de leur superbe. Je vous en prie, faut les envoyer cavalièrement promener et aller se faire voir ailleurs. Faut se réveiller et brasser la quiétude de ces bonnes gens que, malgré tout, les médias qualifient de philanthrope.

Modestie, est-il le mot-clé pour la présidente de Desjardins?
En 2013, Monique Leroux, la présidente de la Banque Desjardins, a encaissé la «modique» somme de 3,6 millions$ en rémunération et 3,34 millions$ en 2012. Est-ce ça la définition de la notion de «modestie» pour Desjardins? Pour Desjardins, modestie est-il un concept à géométrie variable? 3,6 millions$ en salaire annuel pour la présidente de Desjardins serait une «modeste» rétribution alors que 50 000$ pour un commis d’État en rémunération annuellement, qui en plus lutte «égoïstement» pour son régime de retraite, serait carrément extravagant et viendrait même amputé le mieux-être des générations futures? Deux poids, deux mesures pour les petits économistes de Desjardins… pas Richard, bandes de petits snoreaux.

Le rôle des médias
Connaissant la véritable nature des banques et l’essence même de leurs dirigeants me semble que les médias d’information devraient faire preuve d’un peu plus de retenue dans la publication régulière de chacune des études biaisées et des sondages intéressés émanant des institutions financières. En agissant ainsi, les médias se font les courroies de transmission de profiteurs qui privilégient nettement leurs intérêts personnels et égoïstes aux intérêts collectifs et qui militent continuellement, incessamment et en ayant recours souvent au chantage et aux menaces pour le bien privé davantage que pour le bien commun. Des notions comme la solidarité, l’équité, la justice, le partage, etc. ils en ont rien à foutre. Pour eux, défendre ces derniers principes est carrément utopique et farfelu. Ils osent nous présenter leur modèle d’exploitation comme relevant du pragmatisme, du réalisme, de la vision et de l’audace. Modèle instauré pour le mieux-être des générations futures qu’ils disent. Même qu’ils polluent pour le bien de ces derniers et pour leur progéniture, amen. J’ai vraiment souvent l’impression qu’ils nous prennent non seulement pour leurs sujets, mais comme leurs esclaves.

Advertisements
Cette entrée a été publiée dans Géneral. Mettre ce permalien en signet.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s