L’écoute, la communication et l’échec du système social

Ceux qui ne liront pas ce texte sont déjà culturellement corrompus par le système social.

Trop nombreux sont les écrivains et blogueurs à prétendre et promouvoir une théorie du complot pour mener l’humanité vers son autodestruction. Ces auteurs, à défaut d’avoir observé ce qui se passe dans les sociétés humaines et d’avoir pris le temps de l’analyser afin de poser des hypothèses vérifiables, préfèrent couper court à la conclusion en s’attachant au mystère comme explication. Et comme la confiance s’est culturellement effritée avec le système social actuel, la théorie du complot est une réponse facile au mystère pour expliquer l’échec du système social.

Les difficultés croissantes auxquelles fait face l’humanité tel que les inégalités sociales, les écarts de plus en plus marqués entre les pauvres et les riches, la collusion, la corruption, la criminalité, les conflits, les guerres, l’instabilité sociale, la surexploitation des ressources, les changements climatiques et la mobilisation citoyenne qui en découle pour lutter sont tous des symptômes qui témoignent de l’échec du système social et de ses piliers politiques, économiques, législatifs et culturels.

L’homme possède pourtant une caractéristique unique dans sa nature qui devrait le distinguer des autres formes de vies sur terre : l’intelligence. Mais pour que l’intelligence puisse se développer et s’exprimer par l’innovation avec son plein potentiel, il faut un système social qui puisse le favoriser, ce qui n’est pas le cas optimalement avec le système actuel.

En effet, le système social influence et oriente la culture humaine. Étant donné qu’il ne favorise pas le développement optimal de l’humain, on peut considérer qu’il est un frein à son développement et qu’il déforme la culture humaine, notamment en la dénaturalisant, créant des écarts de plus en plus importants entre la nature humaine et sa culture.

Un des principaux aspects de le déformation culturelle de l’humanité suite à plus de 2500 ans de complaisance dans un modèle politique représentatif totalitaire et une économie monétaire capitaliste est l’effritement de la communication, plus particulièrement de l’écoute.

Paradoxalement, la civilisation moderne offre une surabondance de moyens qui devraient favoriser la communication. Mais les moyens ne remplacent pas la culture, même s’ils changent les habitudes. L’homme communique effectivement, mais c’est le contenu de ses communications qui est culturellement rabaissé, déformé par le système social. Les communications sont brèves et principalement futiles ou strictement utilitaires ou associées au travail ou aux loisirs, mais très peu pour trouver des solutions aux problèmes sociaux et pour favoriser l’innovation. Et même lorsque l’homme réussi à innover pour proposer des solutions, personne n’écoute ou ne comprend et peu s’engagent, car cet aspect culturel de l’engagement est aussi déformé par le système social.

Les Premières Nations et la plupart des civilisations, isolées de la modernité, entretenaient une culture de la communication très avancée. Cette culture s’articule autour du cercle et se caractérise par l’écoute. Le bâton de parole traditionnel accordait à celui qui l’avait en main le droit de parole et imposait aux autres l’obligation de l’écoute avec respect. Le bâton circulait de main en main dans le cercle afin que chacun puisse prendre la parole en prenant le bâton. Cet objet culturel a favorisé une culture de l’écoute très forte et entretenu la consultation démocratique pendant des millénaires.

L’écoute est primordiale pour la communication parce qu’elle permet de recevoir l’information nécessaire pour alimenter nos idées et nos observations ainsi que nos connaissances afin de parfaire notre analyse des faits. Dans certaines entreprises, des groupes de travail utilisent des techniques d’organisation pour tenter d’accroître l’efficacité et la qualité. Plusieurs de ces techniques, notamment des méthodes agiles, s’inspirent du bâton de parole en utilisant un objet accordant à son détenteur le droit de parole.

Plusieurs éléments du système social sont responsables de la déformation culturelle de la communication.

L’accélération de la vitesse du rythme de vie moderne est responsable de l’érosion de l’écoute. L’homme ne prend plus le temps d’acquérir l’information si elle n’est pas résumée et synthétisée à l’extrême pour capter son attention. On observe ce phénomène dans la publicité et les médias sociaux. Une image a beau valoir mille mots, elle n’atteindra jamais le niveau requis pour permettre l’analyse requise à l’élaboration de solutions. L’information est donc compressée et synthétisée à l’essentiel pour être échangée plus rapidement ce qui force à faire abstraction des détails et des analogies requises à la compréhension par l’être humain.

En effet, le cerveau humain ne traite pas les informations synthétiques comme un ordinateur en indexant des mots clefs, mais par associations d’idées, de sentiments, de perceptions, d’images et d’expériences toutes associées à l’information au moment de sa mémorisation. L’homme retrouve dans son cerveau l’information mémorisée par ses éléments associés. C’est la raison pour laquelle le contexte d’apprentissage est primordial pour la mémorisation et ce pour quoi il est si difficile et non naturel pour l’homme d’apprendre par cœur. Par contre, il est très facile et intuitif pour l’homme de réfléchir et de conceptualiser, contrairement à un ordinateur avec lequel nous n’avons jamais réussi, malgré les insignifiants développements en algorithmique de l’intelligence artificielle. L’intelligence est une autre caractéristique de la nature humaine, qui lui permet d’innover.

Outre l’effet d’accélération des modes de vie, l’autre responsable de la déformation culturelle est issu du système qui a modelé le plus le monde : le système économique monétaire.

Le système économique monétaire a mené la civilisation humaine vers un concept généralisé mondialement : l’emploi. L’emploi est le concept concrétisé par le système économique monétaire capitaliste pour exploiter l’homme en tant que ressource humaine dans le contexte du développement économique. Or l’emploi n’est définitivement pas une source de satisfaction et d’épanouissement personnel complet, car il ne couvre jamais tous les aspects des besoins de l’être humain. Or, l’emploi consume la plus grande partie de notre temps de vie.

L’insatisfaction pousse l’humain à compenser. Il le fait par des loisirs dont la futilité croissante est proportionnelle à la pression exercée sur lui par son emploi, ce qui explique la popularité des jeux vidéos jusque chez l’adulte. Mais la plupart des loisirs sont assujettis au système économique monétaire qui s’immisce partout pour imposer un coût afin de développer de nouveaux marchés de croissance.

L’homme tente aussi de compenser ses insatisfactions en tentant de rehausser son ego, une des caractéristiques de la nature humaine. Les actions posées par l’homme pour rehausser son ego prennent diverses formes. L’une d’elles est l’imposition de ses idées personnelles en dehors d’un contexte d’écoute et d’échanges.

La démultiplication des moyens de communication favorise l’expression de l’ego humain par des communications brèves et synthétiques comme moyen de compensation de l’insatisfaction généralisée du développement individuel freiné par le travail forcé lié à la nécessité de « gagner sa vie » dans un système économique monétaire capitaliste où chaque humain est dépendant du système et soumis aux décisions de politiciens du système gouvernemental représentatif.

L’économie monétaire capitaliste et l’industrie se sont appuyées sur une autre caractéristique importante de la nature humaine. En étudiant les comportements psychologiques humains, il devient possible de mieux cibler des besoins pour le développement de nouveaux marchés à inonder avec des produits et services souvent superflus et inutiles, même s’ils donnent l’illusion d’améliorer la qualité de vie.

Cette caractéristique de la nature humaine est le fait que l’homme possède des besoins inassouvissables en renouvellement constant. Cette caractéristique est donc tout à l’avantage des industries pour maintenir et favoriser le développement économique par la conception de produits économiquement rentables et leur renouvellement constant sous forme de nouveaux modèles et de nouvelles versions. L’industrie s’affaire à promouvoir les nouvelles caractéristiques de ses nouvelles versions de produits, sachant très bien que des hommes vont se précipiter pour les acheter et ce, même s’ils n’en ont pas vraiment besoin!

Il est connu que le modèle économique monétaire capitaliste ne peut subsister sans se développer. Or, le développement de l’économie engendre la production en constante accélération de nouveaux biens et services, surtout des produits. La production requiert des ressources monétaires, des ressources humaines, des ressources énergétiques et des ressources matérielles et naturelles.

Le modèle économique monétaire capitaliste en accélération de croissance avec l’industrie, exploite donc de plus en plus rapidement des ressources en quantités croissantes proportionnellement à l’accroissement de l’économie. Le système économique monétaire est conçu sur la base de la croissance infinie sans aucune possibilité de régulation. Le développement économique est donc un cancer systémique qui ronge la capacité de renouvellement des ressources naturelles et énergétiques, mettant à haut risque le développement durable de la civilisation humaine et sa survie en tant qu’espèce dans un environnement biophysique en constante dégradation.

Parallèlement à la production industrielle de nouveaux produits et services dans le but de satisfaire les besoins inassouvissables constamment renouvelés de la nature humaine, on constate en fait l’échec de ce modèle basé sur les ressources matérielles puisque les besoins de l’homme ne sont satisfaits que très temporairement!

En effet, les besoins ne sont satisfaits que pour la période de nouveauté. Une fois que l’homme aura fini d’explorer les caractéristiques de sa nouvelle acquisition, son niveau de satisfaction décroît rapidement. L’industrie a bien compris cet aspect et l’exploite allègrement en renouvelant ses produits, ce qui entretient le développement économique.

Pendant que l’homme consomme pour compenser ses insatisfactions, il contribue à soutenir la croissance économique monétaire capitaliste tout en augmentant sa dette monétaire, ce qui accentue sa dépendance au revenu et donc au travail qui permet au système économique monétaire capitaliste de continuer à croître en lui offrant de nouveaux produits et services que l’homme acquiert en s’endettant pour compenser.

Pendant que l’homme s’enfonce dans ce système vicieux qui détruit l’environnement en surexploitant des ressources et en détruisant le climat, il consume la plus grande partie de son temps de vie, à ne pas communiquer adéquatement et à laisser le système déformer sa culture qui se trouve de plus en plus dénaturée.

Une minorité d’hommes contrôlent le système social en ignorant complètement les dommages culturels qu’ils laissent continuer à se produire.

Une minorité d’hommes s’excluent de ses influences du système social pour tenter d’observer, d’analyser, de communiquer et de chercher des solutions.

La communication est primordiale pour transmettre les observations, analyses, hypothèses et solutions afin de résoudre les problèmes sociaux en innovant pour sortir l’humanité de l’impasse dans laquelle la plonge son système social.

La communication engendre la prise de conscience étouffée par la déformation culturelle du système social. La prise de conscience entretenue par la communication de l’information favorise des changements culturels vers un retour à la communication et aux échanges afin de partager nos observations, analyses et hypothèses. La communication permet l’échange de solutions pour résoudre nos problèmes engendrés par le système social.

La communication est essentielle pour transmettre des idées d’architecture afin de réformer les piliers de notre système social.

Nous avons du travail à faire… Et il est beaucoup plus important et urgent que celui qui alimente et nous maintient captifs du système économique monétaire capitaliste et dépendants du système politique représentatif totalitaire!

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