Ciné sélection | lesindignesduquebec

Échec du système industriel capitaliste et du système économique monétaire oligarchique.

Échec de la culture humaine déformée par le système social économique monétaire capitaliste oligarchique.

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http://lesindignesduquebec.wordpress.com/2014/09/14/cine-selection/

Ciné sélection

rosenewDepuis un certain temps je réfléchissais à une chronique cinéma qui traiterait de sujets d’actualités, et qui prendrai la relève cinéma qui était autrefois publiée sur ce site. Dans cette nouvelle chronique mensuelle je souhaite partager avec vous mes coups de cœur et vous faire découvrir des cinéastes que vous ne verrez jamais dans les médias traditionnels. Pour cette première rubrique je vous propose trois films qui traitent des médias de masse et de la consommation

Le premier film s’intitule « Je consomme donc je suis – Vivez, prospérez, consommez ! ». On y découvre comment dans la société de consommation, le neuf et le beau ne suffisent plus : il faut posséder (parfois en plusieurs exemplaires) les produits dernier cri les plus performants. Les achats ne sont plus destinés à répondre à des besoins fondamentaux, mais à satisfaire nos désirs, à être enviés, à épater.

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Dans « Temps de cerveau disponible. Les médias de masse », on analyse l’impact de la télévision sur les masses et sur nos comportements sociaux, ainsi que leurs impacts sur la bourse. Le film traite essentiellement de la télévision française ou européenne, cependant des liens intéressant peuvent être faits avec le Québec.

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« L’impossible révolte des peuples d’occident »t est un court métrage qui fait le lien entre le pouvoir des médias et la force de l’argent et qui cherche à démontrer que malgré les crises, malgré les inégalités, malgré le règne de la finance, les peuples d’occident restent passifs, comme anesthésiés par le système médiatique, politique et consumériste.

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Quand l’électeur moyen épouse la cause des plus riches

Échec de la culture humaine déformée par le système d’information et d’éducation sociale déshumanisé et par le système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

Syndrôme du larbin :

https://ccuucc.wordpress.com/2014/08/02/le-syndrome-du-larbin/
https://ccuucc.wordpress.com/2014/04/08/le-syndrome-du-larbin-julien-arlandis/
https://ccuucc.wordpress.com/2014/09/08/deresponsabilisation-et-desengagement-social/

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http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140911trib6ab4b1d46/quand-l-electeur-moyen-epouse-la-cause-des-plus-riches.html

Quand l’électeur moyen épouse la cause des plus riches


Les gouvernements, notamment celui des Etats-Unis agissent le plus souvent selon l’intérêt de la classe dominante. Mais comment les dirigeants politiques parviennent-ils à se faire réélire? C’est possible quand la classe moyenne adhère aux thèses de l’élite

Dire que les riches ont plus de pouvoir politique que les pauvres, même dans les démocraties où chacun à un droit de vote égal, n’a rien de nouveau. Mais deux politologues, Martin Gilens de l’université de Princeton et Benjamin Page de l’université Northwestern, ont récemment publié des données révélatrices sur la situation aux États-Unis, qui ont une incidence cruciale sur le fonctionnement de la démocratie – aux États-Unis et ailleurs dans le monde.

Les auteurs se sont appuyés sur des travaux antérieurs de Gilens qui a minutieusement compilé des sondages d’opinion sur près de 2000 questions politiques, effectués entre 1981 et 2002. Les deux politologues ont ensuite déterminé si le gouvernement fédéral américain adoptait la politique en question dans les quatre ans suivant le sondage et à quel point le résultat correspondait aux préférences des électeurs à différents niveaux de l’échelle des revenus.

La politique voulue par l’électeur moyen est le plus souvent mise en oeuvre…

Prises séparément, les préférences de l’électeur « moyen » – c’est-à-dire situé dans le milieu de la répartition des revenus – semblent avoir une forte influence positive sur la réponse finale du gouvernement. La politique souhaitée par l’électeur moyen a nettement plus de chances d’être appliquée.

Mais, comme le notent Gilens et Page, cette constatation donne une impression faussement optimiste de la représentativité des décisions gouvernementales. Les préférences de l’électeur moyen et de l’élite économique ne diffèrent pas tant que ça sur la plupart des sujets politiques. Par exemple, les deux groupes donnent la préférence à une Défense nationale forte et à une économie robuste. Une approche plus juste serait de voir ce que fait le gouvernement lorsque ces deux groupes ont des points de vue divergents.

Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont effectué une comparaison entre les préférences des électeurs moyens et celles des plus riches – définis comme ayant un revenu situé dans les 10 pour cent du haut de la répartition des revenus – pour évaluer quels électeurs exercent la plus grande influence. Ils ont trouvé que l’impact des électeurs moyens devient pratiquement nul, tandis que celui de l’élite économique reste considérable.

…mais le point de vue l’élite l’emporte toujours

L’implication est claire : lorsque les intérêts de l’élite diffèrent de ceux du reste de la société, c’est son point de vue qui est pris en compte – presque exclusivement. (Comme l’expliquent Gilens et Page, nous devons voir les préférences des 10 pour cent du haut comme le point de vue par procuration du 1 pour cent du haut – la véritable élite). Gilens et Page trouvent des résultats similaires pour les groupes d’intérêts organisés, qui ont une très forte influence sur l’élaboration des politiques. Ils soulignent que « le point de vue de l’électorat général n’a pour ainsi dire aucun poids » dès lors que sont prises en compte les orientations des groupes d’intérêts et les préférences des riches Américains.

Ces résultats démoralisants soulèvent une question importante : Comment les politiciens, peu soucieux des intérêts de la vaste majorité des citoyens, font-ils pour être élus, et plus important, pour être réélus, alors qu’ils sont essentiellement aux ordres des plus riches ?

Un alignement des choix des classes moyennes sur ceux de l’élite

Une partie de l’explication tient peut-être au fait que la plupart des électeurs n’ont qu’une compréhension médiocre de la manière dont fonctionne le système politique et de la manière dont il est biaisé en faveur de l’élite économique. Gilens et Page précisent que leurs résultats n’impliquent pas que l’action gouvernementale s’exerce au détriment des citoyens moyens. Les citoyens ordinaires obtiennent souvent ce qu’ils veulent, simplement parce que leurs choix sont souvent alignés avec ceux de l’élite. La corrélation entre les préférences des deux groupes fait qu’il est difficile pour les électeurs de discerner le parti pris des politiciens.

« Le religion est l’opium du peuple », disait Marx

Mais une autre partie de l’explication, plus pernicieuse, pourrait tenir aux stratégies employées par les dirigeants politiques pour être réélus. Un politicien qui représente en premier lieu les intérêts des élites économiques doit trouver d’autres moyens de séduire le plus grand nombre. L’une des solutions est présentée par les politiques nationalistes, sectaires et identitaires – une approche politique basée sur les valeurs culturelles et le symbolisme au lieu des intérêts de l’ensemble des citoyens. Lorsqu’une campagne électorale est menée sur ce front, elle est remportée par celui ou celle qui parvient le mieux à « amorcer » nos repères culturels et psychologiques latents, pas par celui ou celle qui représentent au mieux nos intérêts.

Par son expression célèbre, « la religion est l’opium du peuple », Karl Marx voulait dire que le sentiment religieux peut dissimuler les privations endurées quotidiennement par les travailleurs et d’autres personnes exploitées.

Des conflits sur les valeurs familiales, pour masquer l’envolée de l’inégalité

De manière analogue, l’émergence de la droite religieuse, accompagnée de conflits culturels sur les « valeurs familiales » et d’autres questions divisant les esprits (par exemple, l’immigration) ont servi à camoufler la forte progression de l’inégalité économique depuis la fin des années 1970. Cela a permis aux conservateurs de se maintenir au pouvoir malgré leur mise en œuvre de politiques économiques et sociales défavorables aux classes moyennes et défavorisées.

La politique identitaire est néfaste parce qu’elle tend à ériger des barrières autour d’un groupe de privilégiés et qu’elle requière l’exclusion de ceux qui n’en font pas partie – les étrangers et ceux qui ont d’autres valeurs, une autre religion ou origine ethnique. Les démocraties autoritaires, comme la Russie, la Turquie et la Hongrie, en sont des illustrations. Pour consolider leur base électorale, les dirigeants de ces pays font largement appel aux symboles nationaux, culturels et religieux.

Un stratagème pour mieux asseoir son pouvoir

Ce faisant, ils enflamment les passions contre les minorités ethniques et religieuses. Pour les régimes (souvent corrompus jusqu’à la moelle) qui représentent les élites économiques, c’est un stratagème payant dans les sondages. Les inégalités croissantes dans les pays avancés et en développement infligent ainsi deux coups durs au système politique démocratique : elles se traduisent par la négation progressive des droits des classes moyennes et défavorisées et encouragent une politique sectaire toxique au sein des élites.

Traduit de l’anglais par Julia Gallin

Dani Rodrik est professeur de sciences sociales à l’Institut d’études avancées de Princeton dans le New Jersey. Son dernier ouvrage est The Globalization Paradox: Democracy and the Future of the World Economy (Le paradoxe de la mondialisation : la démocratie et l’avenir de l’économie mondiale – ndlt).

© Project Syndicate 1995-2014

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Accord Canada-Chine sur les investissements étrangers | Canada

Échec du système économique monétaire capitaliste oligarchique et du système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

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http://affaires.lapresse.ca/economie/canada/201409/12/01-4799663-accord-canada-chine-sur-les-investissements-etrangers.php

Accord Canada-Chine sur les investissements étrangers

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, lors... (PHOTO ARCHIVES AP)

Le Canada a finalement ratifié l’Accord visant à protéger les investissements étrangers (APIE) avec la Chine en dépit de récentes tensions ayant contribué à refroidir les relations entre les deux pays.

Le ministre du Commerce international, Ed Fast, a annoncé vendredi que l’entente avait été signée par le Canada, après plus de deux ans de difficiles négociations.

«Les accords sur l’investissement procurent aux investisseurs canadiens la protection et la confiance dont ils ont besoin pour étendre leurs activités, croître et réussir à l’étranger», a-t-il souligné, par voie de communiqué.

La Chine est le deuxième partenaire commercial du Canada en importance: les échanges de marchandises entre les deux pays se sont chiffrés à 73,2 milliards de dollars en 2013 et ont connu une hausse de 38 % au cours des cinq dernières années.

Cet accord visant à encadrer les investissements à l’étranger a non seulement été remis en question par les adversaires du gouvernement fédéral, mais également par certains ministres conservateurs.

Par exemple, le ministre fédéral de l’Emploi, Jason Kenney, a notamment exprimé des réserves le printemps dernier quant à un resserrement des relations avec la Chine.

La ratification de l’APIE a notamment tardé en raison des relations qui se sont refroidies entre Ottawa et la Chine.

Au cours de l’été, le premier ministre Stephen Harper avait accusé le gouvernement chinois d’être à l’origine d’une cyberattaque à l’endroit du Conseil national de recherches du Canada. De leur côté, les autorités chinoises ont arrêté un couple canadien soupçonné d’avoir volé des secrets d’État sur l’armée et la recherche en matière de défense. L’homme et la femme sont toujours détenus.

Wenran Jiang, un expert sur la Chine de l’Université de l’Alberta et directeur du Forum Canada-Chine sur l’énergie et l’environnement, a indiqué que l’annonce de vendredi devrait aider à tisser des liens entre les deux pays et permettre à M. Harper d’avoir une visite fructueuse en Chine cet automne.

«Je crois que c’est une étape majeure pour le gouvernement canadien – et pour être plus précis, pour M. Harper et son cabinet – pour préparer le terrain en vue de son voyage en Chine en novembre», a dit M. Jiang.

Le Canada a signé des ententes similaires avec d’autres nations, comme la Russie, ce qui fait en sorte que les règles concernant les investissements à l’étranger sont différentes pour chaque pays.

Les partisans des APIE affirment entre autres que ce genre d’accord procure des lois et règlements lorsque des disputes surviennent en lien avec l’investissement étranger.

Leurs opposants croient cependant que ces ententes permettent à des compagnies étrangères de se soustraire à certaines réglementations canadiennes – notamment dans les secteurs de l’environnement et de l’énergie.

Le NPD et le Parti vert ont tous deux accusé M. Harper d’avantager d’abord et avant tout la Chine avec cet accord.

«Il (l’accord) permettra à la Chine d’avoir accès à certaines de nos ressources naturelles et de les contrôler pendant les 31 prochaines années, en plus d’exposer les contribuables canadiens à de grands risques financiers à travers des poursuites d’investisseurs», a souligné le porte-parole du NPD en matière de commerce international.

«Je suis certaine qu’aucune compagnie canadienne ne bénéficiera de cette entente», a déploré Elizabeth May, chef du Parti vert.

Le NPD a aussi reproché au gouvernement conservateur d’avoir négocié cet accord «en secret».

En dépit de l’entente, le sort de certaines initiatives impliquant le Canada et la Chine demeure incertain, comme les études sur les complémentarités économiques des deux pays annoncées lors du passage de M. Harper en Chine en 2010.

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Écart du revenu: le Canada parmi les pires, estime l’OCDE | Canada

Échec du système économique monétaire capitaliste oligarchique.

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Écart du revenu: le Canada parmi les pires, estime l’OCDE

Selon l'OCDE, 1 % de ceux qui touchent... (Photo Pawel Dwulit, Archives Bloomberg)

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que le Canada figure parmi les pires nations industrialisées en ce qui a trait à la croissance de l’écart du revenu.

L’analyse de l’OCDE montre que l’inégalité des revenus a augmenté au cours des trois dernières décennies dans la plupart des économies avancées membres de l’organisation, mais que les États-Unis et le Canada figurent parmi les premiers pays en ce qui a trait à la croissance de cet écart et en termes absolus.

Selon l’OCDE, 1 % de ceux qui touchent un revenu au Canada ont mis la main sur 37 % de la croissance du revenu enregistrée entre 1981 et 2012. Ces gens représentent maintenant 12,2 % du revenu annuel avant impôt du pays.

Aux États-Unis, 1 % de ceux touchant un revenu ont mis la main sur 47 % de la croissance du revenu enregistrée durant la même période. Ils se partagent aujourd’hui un cinquième du revenu annuel avant impôt du pays.

Parallèlement, les revenus des ménages les plus pauvres n’ont pas suivi la cadence de la croissance d’ensemble des revenus, indique l’OCDE. Faire abstraction du 1 % dominant ferait chuter considérablement la croissance des revenus dans de nombreux pays, ajoute-t-elle.

Voilà pourquoi la majeure partie de la population ne peut pas faire concorder le taux de croissance économique de leur pays respectif avec une hausse de leurs revenus, avance l’OCDE.

Les données de l’organisation montrent que les écarts de revenu augmentent dans la plupart des 34 pays analysés, mais qu’ils varient grandement d’un pays à l’autre, sans que cela soit grandement imputable à la performance économique de chacun durant la période observée.

Par exemple, la Suède, la Norvège et la Finlande – trois pays riches – demeurent relativement égalitaires même s’ils ont connu certaines des plus fortes croissances de l’écart du revenu pendant la période. Les revenus les plus élevés ne représentaient que de 7 à 8 % du total des revenus dans ces pays, en 2012.

L’Allemagne, dont l’économie est perçue comme étant l’une des plus efficientes dans le monde, présente également un écart de revenu élevé. 1 % de sa population a mis la main sur 12,7 % des revenus en 2012.

En revanche, plusieurs pays européens aux prises avec une économie en difficulté – comme l’Espagne, la France et l’Italie – ont enregistré une croissance moins élevée de l’écart de revenu parmi les nations industrialisées.

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Campagne de peur en Écosse | Le Devoir

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

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http://www.ledevoir.com/international/europe/418418/referendum-campagne-de-peur-en-ecosse

Campagne de peur en Écosse

C’est comme si l’écho du référendum québécois de 1995 résonnait sur les vieilles pierres d’Édimbourg. À cinq jours du vote sur l’indépendance de l’Écosse, la panique s’est emparée du camp du Non, qui mène une campagne de peur sur les risques d’une rupture avec le Royaume-Uni.

Menaces de déménager les sièges sociaux, hausse évoquée des prix des aliments, «risques» pour les pensions de vieillesse, «instabilité» due à l’incertitude entourant la monnaie : les forces du Non semblent s’inspirer des arguments invoqués par les tenants de l’unité canadienne en 1980 et en 1995.

Comme Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien, le premier ministre britannique David Cameron est venu faire une déclaration d’amour de dernière minute aux Écossais, cette semaine. Flanqué des deux leaders de l’opposition à Westminster, il s’est engagé à accorder des pouvoirs substantiels au Parlement écossais en cas de Non. Et pour la première fois de la longue campagne référendaire, il a semblé parler avec son coeur, au bord des larmes. Les Écossais ont accueilli avec des sentiments partagés cette soudaine démonstration d’affection.

«Les trois stooges viennent de réaliser que l’unité du Royaume-Uni est en péril, à une semaine du référendum. Ils viennent nous dire qu’ils nous aiment. C’est de la foutaise, tout ça! On ne peut même pas parler d’improvisation: ils ont écrit leur texte sur le dos d’une enveloppe», dit David McCrone, professeur émérite de sociologie et directeur de l’Institut sur la gouvernance de l’Université d’Édimbourg.

Cet observateur de longue date du système politique écossais — qui connaît bien le Québec — nous reçoit dans son bureau aux murs de pierre élimés, construit en 1764. Respecté par les camps du Oui et du Non, David McCrone parle sur le ton neutre du professeur qui en a vu d’autres. Mais il s’emballe en évoquant ce qu’il appelle la campagne «ratée» du camp du Non et le «chantage» de grandes entreprises comme la Standard Life et bien d’autres, qui menacent de déménager à Londres si les Écossais optent pour l’indépendance.

Une bataille serrée

Le gouvernement de David Cameron, les partis de l’opposition à Westminster et les unionistes en Écosse ont répété toutes les erreurs des fédéralistes canadiens lors des deux référendums au Québec, selon lui. Croyant filer jusqu’à la semaine dernière vers une victoire certaine, le camp du Non a laissé le champ libre à la campagne minutieusement planifiée du Oui, menée par le premier ministre écossais Alex Salmond, du Scottish National Party.

Résultat : le Royaume-Uni paraît au bord de l’éclatement. Le Non, qui menait par 20 points en début de campagne, se démène désormais à égalité avec le Oui, selon les sondages. Après un mariage de raison avec l’Empire britannique qui dure depuis 307 ans, l’Écosse aspire à redevenir ce qu’elle a été pour la plus grande partie de son histoire : un pays indépendant.

L’issue de la bataille reste à déterminer, mais le camp britannique a attisé la montée du nationalisme écossais, affirme le professeur McCrone. «Les unionistes ont mené une campagne stupide du début à la fin. C’est comme s’ils avaient voulu écrire un guide de la mauvaise campagne.»

Le Oui dans le vent

D’abord, le camp du Non n’a pas de leader clairement affirmé. Le premier ministre Cameron est longtemps resté à Londres pour laisser les Écossais régler entre eux leur chicane de famille. Comme Stephen Harper (ou Jean Chrétien) au Québec, le leader britannique ne soulève pas les foules au pays du kilt et du scotch. Le travailliste Alistair Darling, poids lourd du Parlement britannique qui représente Édimbourg depuis 1987, a été propulsé malgré lui figure de proue du Non, mais il manque de prestance pour incarner l’unité du pays, croit David McCrone.

Le professeur estime que les unionistes ont mené une campagne décousue et sans passion malgré un slogan positif — «Better Together» sonne mieux que « Non ». En Écosse, les partis en campagne ne font aucun affichage public dans les rues. Il n’y a aucune pancarte du Oui ou du Non sur la voie publique. Mais une multitude de Oui sont apparus aux fenêtres des maisons. C’est cool, jeune et dans le vent de s’afficher pour le Oui.

Les partisans du Non sont aussi nombreux, mais plus discrets, estiment les analystes. La discrétion des unionistes peut causer une surprise le jour du vote. Le Non bénéficie d’une sorte de « prime à l’urne », comme le Parti libéral du Québec chez nous.

Les leaders du Non ont misé sur cette prime et ne sont apparus qu’à une semaine du vote avec cette promesse de « superdévolution » de pouvoirs pour l’Écosse. Sans en préciser la teneur. Ça rappelle bien sûr la main tendue de Pierre Elliott Trudeau en 1980 et de Jean Chrétien en 1995, qui ont déçu bien des Québécois avec la suite donnée à leurs engagements : le rapatriement unilatéral de la Constitution — sans le Québec —, et une simple motion des Communes sur le caractère « distinct » du Québec.

«Ne croyez jamais un politicien qui fait des promesses, vous en savez quelque chose! dit en riant David McCrone. Quelle forme prendrait la “dévolution max” promise par le premier ministre Cameron? Il l’ignore probablement lui-même.»

La carotte et le bâton

Chose certaine, en attendant le soir du 18 septembre, le camp du Non manie la carotte et le bâton. Et le bâton frappe fort : la vénérable Royal Bank of Scotland, qui a pignon sur rue depuis 1727 dans le quartier financier d’Édimbourg, a annoncé son intention de déménager son siège social à Londres en cas de séparation de l’Écosse. Le puissant Empire britannique a les reins plus solides pour assurer l’avenir des banques en cas de crise, comme celle qui a secoué le monde en 2008, expliquent les analystes.

«J’ai été client de la Royal Bank of Scotland durant 50 ans, mais j’ai appelé pour fermer mon compte, lance David McCrone. La réceptionniste m’a dit qu’elle a eu beaucoup d’appels de clients fâchés. Le Non s’est aliéné beaucoup de monde avec cette campagne de peur. Les entreprises qui font cela devront en subir les conséquences. Les Écossais ont la réputation d’être thrawn [d’avoir un fort tempérament], entêtés, difficiles. Il existe ici un long historique de boycottages réussis.»

Même l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, embauché comme une superstar de la finance par la Banque d’Angleterre, a sauté dans l’arène politique. Il a fait deux mises en garde remarquées durant la campagne sur «l’incompatibilité» de la souveraineté écossaise avec l’union monétaire prônée par les indépendantistes. «On dit que Mark Carney rêve de devenir premier ministre du Canada, affirme David McCrone. Les Canadiens doivent savoir que Carney se mêle de la politique même s’il est en théorie indépendant du gouvernement. C’est bête. Il a raté une occasion de se la fermer.»

Si on se fie au référendum québécois de 1995, les prochains jours risquent d’être fertiles en rebondissements en Écosse. Nous y serons pour tout vous relater.

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Pour la gratuité scolaire à l’université | Chroniqueurs | Opinions | Le Journal

La gratuite scolaire est la pierre angulaire de l’économie sociale non monétaire, non capitaliste.

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http://www.journaldemontreal.com/2014/09/10/pour-la-gratuite-scolaire-a-luniversite#.VBG4hua4O8s.facebook

Pour la gratuité scolaire à l’université

C’est aujourd’hui que je fais mon coming out: je suis en faveur de la gratuité scolaire à l’université. Êtes-vous surpris de cette révélation de la part d’un économiste de l’IEDM? Non, je ne suis pas devenu le sosie intellectuel de Gabriel Nadeau-Dubois. Je pense toutefois qu’il a raison à 21 %.

Voyez-vous, comme n’importe quel carré rouge (en fait, comme tout le monde fort probablement), je pense que si un jeune Québécois brillant et talentueux n’allait pas à l’université parce qu’il n’en a pas les moyens financiers, ce serait tragique. Heureusement, le gouvernement du Québec a mis sur pied un programme de prêts et de bourses pour aider les jeunes les moins nantis.

Autrement dit, pour plusieurs étudiants universitaires, on leur demande des droits de scolarité, mais ils reçoivent aussi des bourses autant sinon plus élevées et qu’ils n’auront jamais à rembourser. Dans les faits, ils jouissent donc de la gratuité scolaire. Selon les dernières statistiques de l’Aide financière aux études, c’est le cas pour 21 % des étudiants universitaires.

Et c’est très bien ainsi! On parle ici des étudiants qui proviennent de milieux moins favorisés et dont les parents disposent de peu de moyens.

D’autres étudiants reçoivent une aide financière sous forme de prêts, ce qui signifie qu’ils paieront leurs droits de scolarité, certes, mais plus tard uniquement, lorsqu’ils auront de meilleurs revenus. Disons que c’est une gratuité scolaire temporaire. C’est le cas pour 16 % des étudiants.

La connaissance n’a pas de prix

Ce n’est pas tout le monde qui profite de la gratuité à l’université. Ceux qui en bénéficient sont ceux pour qui les droits de scolarité seraient un frein autrement. Voilà qui me semble juste. Étendre la gratuité scolaire à tous revient à donner cette gratuité aux mieux nantis.

Pendant ce temps, certains ne se rendent même pas aux portes de l’université parce qu’ils décrochent, au secondaire ou au collégial. La gratuité ne les aidera pas, eux.

Le raisonnement des tenants de la gratuité à l’université n’est pas aussi concret. C’est le principe de la gratuité qui leur semble beau. Ils disent: «on ne peut pas vendre la connaissance»! Bon point.

Sauf que la connaissance, les savoirs, ils sont déjà gratuits: dans les bibliothèques, sur Internet, dans les cours en ligne bien souvent gratuits. L’université, ce n’est pas un accès au savoir, mais bien un parcours académique encadré, où l’étudiant est évalué et où son succès est reconnu par un diplôme. Ça coûte quelque chose et c’est normal d’en payer une partie si on en a les moyens.

Vous vous en doutiez bien, je n’ai pas vraiment changé mon fusil d’épaule. Toutefois, le débat sur les droits de scolarité comporte des nuances trop souvent oubliées qu’il est bon, parfois, de ramener à l’avant-scène. Et bien que ce ne soit plus à la mode de discuter des droits de scolarité depuis deux ans, pendant ce temps, les universités québécoises sont toujours sous-financées…

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IRIS – Blogue – Et les revenus dans tout ça?

Échec du système gouvernemental politique représentatif totalitaire.

Un système gouvernemental doit favoriser la cohésion et la stabilité sociale tout en protégeant le bien être individuel et collectif de la société qu’il gouverne en régularisant les décisions vers un objectif de durabilité et de pérennité. Le système politique gouvernemental représentatif totalitaire ne permet pas ça.

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http://iris-recherche.qc.ca/blogue/et-les-revenus-dans-tout-ca

Et les revenus dans tout ça?

Depuis son élection, le Premier ministre Couillard fait tout pour éviter d’utiliser publiquement les termes austérité et coupures. Il préfère parler de « changements budgétaires ». Dans la réalité, nous nous doutons bien que les résultats risquent d’être pas mal les mêmes. Nous avons déjà écrit un billet de blogue sur les effets des politiques d’austérité déjà annoncées sur la vie du commun des mortels au Québec. Comme notre premier ministre, nous ne sommes évidemment pas contre la lutte au gaspillage des fonds publics. Cependant, considérant que depuis le début de la quête de l’atteinte du déficit zéro, l’exercice budgétaire se rapproche davantage à un acharnement à réduire la taille de l’État plutôt qu’à une réelle volonté d’améliorer l’accessibilité et le fonctionnement des services, il faut peut-être se demander si les coupures budgétaires n’ont pas plutôt nui à l’économie au lieu de la favoriser.

Il devient de plus en plus évident que l’austérité ne participe pas à une relance de l’économie. Même qu’une récente étude des économistes du Fonds monétaire international (FMI), que l’on ne peut pas qualifier de marxistes-léninistes convaincus, questionne ce type d’action. Un résumé de l’étude est disponible ici. Comme le résume bien Goetzmann, professeur en finance à Yale :

« La politique de l’austérité revient à considérer que la pluie se met à tomber lorsqu’on ouvre son parapluie, ce qui pose un problème de cause et de conséquence. Cela paraît absurde, mais pas plus que la notion de politique d’austérité telle qu’elle appliquée aujourd’hui. Ce qui est assez incroyable, c’est que cette théorie n’a plus aucun sens, qu’elle est décriée partout, mais qu’elle est toujours la base de la politique européenne. Et tout cela avec le sourire, la conscience du travail bien fait et une certaine moralité retrouvée. »

En période de crise, les États ne doivent donc pas travailler activement à couper des services pour payer la dette, mais plutôt travailler à relancer l’économie, puisque moins de croissance veut aussi dire moins de revenus au total, donc une plus grande dette à services constants. De manière contraire, une relance via l’emprunt public ou non, implique une plus grande entrée d’argent pour le gouvernement et possiblement une plus grande facilité à gérer un budget gouvernemental. La véritable question qui se pose alors est la suivante: comment relancer l’économie et aller chercher plus de revenus?

Devant cette interrogation, les divers gouvernements du Québec reviennent toujours à la charge avec les mêmes types de projets extractivistes, tels que le Plan Nord ou l’extraction d’hydrocarbures. Or, bien que génératrices de revenus à court terme, ces industries sont souvent très liées au prix de la ressource, ce qui les rend instables. Ils sont donc des vecteurs de développements régionaux peu prometteurs, à faible revenus réels sur le long terme. De plus, ils demandent d’importants investissements gouvernementaux et sont souvent très polluants.

Autre problème en termes de politique industrielle : bien que le Québec fasse bonne figure sur le plan de la progression de la productivité entre 1997 et 2012 dans certains secteurs tels que le secteur financier et les services d’utilité publique (fournisseurs de service comme l’électricité), d’autres domaines considérés comme des secteurs à haut rendement ont connu des baisses importantes. Ainsi le secteur de la construction a connu des baisses de productivité de 4,15 %. Le secteur des services professionnels et scientifiques qui, par le passé, faisait rayonner le Québec a connu une progression, somme toute modeste de 3,5 % alors que l’Ontario a observé une hausse de 20%. Ces statistiques, disponibles ici, sont loin de tout expliquer, mais suggèrent un problème dans la structure des politiques industrielles du Québec.

De plus, le gouvernement en période d’austérité continue de miner ses revenus en diminuant dans son budget l’impôt de divers types d’entreprises, alors que l’on ne trouve aucun lien empirique entre la baisse d’impôt des corporations et les investissements privés.

Investissement non résidentiel privé et taux effectif sur les revenus d’entreprise 1981-2012

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Malgré ces données, le gouvernement Couillard fait le choix idéologique de créer des commissions où leurs responsables seront invité.e.s à grands frais (ils feront dorénavant partie du 1%) pour répéter le même sermon en faveur de compressions budgétaires. Notons au passage que ces politiques échouent partout en Europe causant leur lot d’inégalités et de crises politiques. Ne devrions-nous pas, en tant que société, regarder la colonne des revenus et chercher à renouveler l’arborescence des politiques industrielles (qui doit sortir de la simple subvention aux PME) afin d’abandonner une fois pour toutes les vieux discours économiques et nous préparer à mieux supporter les défis à venir?

Mots clés: austérité, budget, déficit zéro, politiques industrielles, relance

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